
Personne n’attendait vraiment une suite à Confessions on a Dance Floor. Ce disque de 2005, celui de Hung Up et de son échantillon d’ABBA qui a tourné en boucle pendant des mois, ressemblait à un moment scellé, impossible à rejouer. Et voilà que Madonna revient dessus, tranquillement, avec un quinzième album baptisé Confessions II, sorti le 3 juillet chez Warner.
Le pari était casse-gueule. Rallumer la boule à facettes deux décennies plus tard, quand on a 67 ans et qu’on traîne, de son propre aveu, une décennie de disques qui ont divisé, ça pouvait sentir la nostalgie forcée. Sauf que voilà, ça marche. Elle raconte avoir composé ce disque pour se changer les idées, entre les ennuis familiaux, les tracas professionnels et l’état du monde qui donne le bourdon. Résultat, un album de dancefloor pur jus, pensé comme une échappée plus que comme une thérapie.
Et la critique, franchement, ne boude pas son plaisir. Variety parle carrément de son meilleur album depuis des décennies. Pitchfork évoque son meilleur en vingt ans. Classic Pop lui colle 4,5 étoiles et le décrit comme le Parrain 2 des disques-séquelles, ce qui pour un album de pop est un sacré compliment.
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Musicalement, on reste en terrain connu, house lumineuse et refrains taillés pour les gros systèmes son. L’ouverture, I Feel So Free, donne le ton d’une reconquête personnelle. Il y a une collaboration avec Sabrina Carpenter, Bring Your Love, qui fait le lien entre deux générations sans que ça sonne calculé. Le DJ Martin Garrix débarque sur Bizarre pour un titre plus musclé.
Mais l’album n’est pas qu’une machine à faire danser. Fragile est un hommage à son frère Christopher, disparu il y a peu, et Betrayal règle des comptes avec sa belle-mère. C’est là que le disque gagne en épaisseur, quand la fête laisse passer un peu de vécu et de fêlures.
Alors non, Confessions II ne réinvente rien, et ce n’est pas le but. C’est une artiste de 67 ans qui prouve qu’elle sait encore tenir une piste entière, ce qui n’était plus si évident. Pour ceux qui avaient usé le premier, c’est une raison sincère d’y retourner. Et pour les autres, une bonne porte d’entrée dans ce que Madonna fait de mieux.
Crédit photo : Warner Records





