Culture

Les dauphins et les chats, ces adorables petites brutes

posted by Vincent 7 octobre 2021
Les dauphins et les chats, ces adorables petites brutes

Il y a des vérités qu’on n’a pas envie d’entendre. Le Père Noël, par exemple. Ou le fait que vos deux animaux préférés, le dauphin et le chat, sont en réalité de parfaites petites crapules. Désolé de casser l’ambiance.

Commençons par le dauphin, mascotte officielle de la gentillesse marine. Sourire permanent, regard malicieux, sauts gracieux : tout est fait pour qu’on le trouve sympathique. Le marketing de la nature a fait un travail remarquable.

Sauf que derrière le sourire, il y a la réalité du comportement. Les dauphins pratiquent l’infanticide, harcèlent d’autres espèces, et leurs interactions ne sont pas toujours du genre câlin de bienvenue. Le sourire, soit dit en passant, n’en est pas un : c’est la forme figée de leur mâchoire. Ils ne sont pas contents de vous voir, ils sont juste construits comme ça.

Même topo pour leurs cousins, les orques, qu’on surnomme « baleines tueuses » sans que personne ne s’en émeuve. Comme quoi, tout est une question d’image de marque.

Passons au chat, qui occupe nos canapés et nos fils d’actualité. On le vénère, on lui pardonne tout, on rit de sa mauvaise foi légendaire. C’est précisément ce qui le rend irrésistible : il ne fait aucun effort pour mériter notre amour.

Le chat est un prédateur miniature qui n’a jamais vraiment renoncé à ses instincts. Il ramène des cadavres de souris non par cruauté, mais, dit-on, par une forme de pédagogie : il vous trouve tellement incompétent à la chasse qu’il s’inquiète pour votre survie. Charmante attention.

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Multipliez ce petit tueur par des centaines de millions d’individus et vous obtenez l’un des plus gros prédateurs domestiques de la planète, responsable d’une hécatombe discrète chez les oiseaux et les petits mammifères. Le ronronnement cache une comptabilité macabre.

Tout l’intérêt de ce genre de constat, c’est qu’il déboulonne nos projections. On colle des intentions humaines sur des animaux qui se moquent éperdument de nos sentiments. Le dauphin ne vous aime pas. Le chat vous tolère. Et c’est très bien comme ça.

Au fond, ce qui dérange, ce n’est pas que ces bêtes soient des « crevures ». C’est qu’on ait tellement besoin qu’elles soient gentilles. On préfère un récit rassurant à une vérité un peu rugueuse, quitte à fermer les yeux sur les preuves.

La bonne nouvelle, c’est que ça ne change rien à l’affection. On peut très bien continuer à fondre devant une vidéo de chaton ou un dauphin qui saute, tout en sachant qu’on idolâtre des opportunistes sans scrupules. C’est peut-être même ça, aimer pour de vrai : sans illusions.

Crédit photo : DR

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