Culture

Le Goncourt 2026 s’ouvre sans favori désigné, et ces seize romans vont se disputer l’automne

posted by Vincent 10 septembre 2026
Pile de romans de la rentrée littéraire sur une table de librairie en automne

La liste est tombée le 2 septembre. Seize romans, aucun nom qui écrase les autres, et une rentrée littéraire qui, pour une fois, refuse de désigner son champion avant même le premier tour. Voilà qui change.

D’habitude, la machine Goncourt s’emballe autour de deux ou trois poids lourds dès le mois d’août. Cette année, la première sélection ressemble davantage à un peloton groupé qu’à une échappée. Les jurés ont mélangé valeurs sûres et paris moins évidents, et c’est tant mieux, parce que ça laisse un vrai suspense.

Le plus commenté reste sans doute Philippe Jaenada, avec L’Inconnue du quai de Javel chez Flammarion. Cinq cents pages sur un fait divers oublié du Montparnasse d’après-guerre, déjà installé en tête des ventes. Jaenada fait du Jaenada, digressions et enquête maniaque comprises, et ses lecteurs adorent ça. À côté, Yannick Haenel débarque avec un titre qu’on n’oublie pas, La solitude des professeurs est infinie, chez Gallimard, pendant qu’Ananda Devi signe Chronique d’un royaume perdu chez Grasset.

Deux romans m’intriguent davantage, pour tout vous dire. Minotaure, de Boris Bergmann chez Albin Michel, qui prend à bras-le-corps le désir ou le refus d’avoir un enfant, un thème dont on parle partout et qu’on romance rarement bien. Et Joseph dans la nuit, d’Olivier Grondeau à L’Iconoclaste, annoncé comme un grand récit lumineux sur la perte. Deux voix moins attendues que les habitués des podiums.

L'Inconnue du quai de Javel, Philippe Jaenada

Le succès de librairie de cette sélection, si vous voulez vous faire votre propre avis avant les jurés :

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Le reste de la sélection tient la route. Lilia Hassaine avec Je, chez Gallimard. Sonia Devillers et son Fabuleux piano chez Robert Laffont. Sylvain Prudhomme, De l’autre côté du lac, aux éditions de Minuit. Sans oublier Thélyson Orélien et son C’était ça ou mourir, la traversée d’un prof d’histoire qui fuit Port-au-Prince en flammes.

Maintenant, la mécanique va faire son travail. Huit finalistes le 6 octobre, plus que quatre le 27, et le lauréat couronné le 3 novembre chez Drouant. D’ici là, les piles vont monter et descendre en librairie au gré des rumeurs.

Faut-il tout lire ? Non, personne n’a le temps. Mais une rentrée sans favori, c’est une rentrée où un outsider peut encore coiffer les têtes de gondole. Rien que pour ça, l’édition vaut le coup d’œil. Et si vous ne deviez en ouvrir qu’un, commencez par celui dont le titre vous a arrêté ici. C’est souvent le meilleur des guides.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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