Culture

Comment une bourgade du vignoble nantais est devenue la capitale mondiale du metal

posted by Vincent 19 juin 2022
Comment une bourgade du vignoble nantais est devenue la capitale mondiale du metal

Il y a quelque chose de profondément réjouissant dans l’histoire du Hellfest. Celle d’un rendez-vous né dans la débrouille et la galère, qui s’est imposé en deux décennies comme l’un des plus grands festivals de musiques extrêmes de la planète.

Tout commence à Clisson, petite commune du vignoble nantais plus connue pour son château médiéval et son architecture d’inspiration italienne que pour ses guitares saturées. C’est pourtant là, chaque mois de juin, que des centaines de milliers de fans débarquent du monde entier.

L’aventure démarre dans la douleur. Avant le Hellfest, il y a le Fury Fest, organisé au début des années 2000 par Ben Barbaud, passionné qui monte ses premiers concerts sans réseau ni argent. L’édition 2005 tourne au désastre : des investisseurs s’évaporent avec la caisse en fin de festival. De quoi enterrer définitivement le projet.

Sauf que Barbaud ne lâche rien. Avec son associé Yoann Le Nevé, il repart de zéro et lance le Hellfest en 2006. Le pari semblait insensé : faire du metal extrême un événement de masse, dans un pays qui regarde ce genre musical de très haut.

Le pari est gagné, et au-delà de toute espérance. La programmation attire les plus grands noms du heavy, du death, du black metal, du punk et du hardcore. Les scènes se multiplient, la jauge enfle, la réputation grandit jusqu’à dépasser les frontières.

Aujourd’hui le festival accueille bien plus de 200 000 festivaliers sur ses différentes journées. Des chiffres qui le placent au sommet de la scène européenne, à égalité avec les plus gros rendez-vous internationaux du genre.

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Une plongee dans le plus grand festival metal de France, a Clisson.

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Ce qui fait la singularité du Hellfest, c’est son atmosphère. On y croise une foule tatouée et bardée de cuir, certes, mais aussi des familles, des curieux, des retraités venus voir à quoi ressemble ce monde réputé effrayant. L’ambiance est étonnamment bon enfant, à mille lieues des clichés sur la violence du metal.

Le festival a d’ailleurs fini par réconcilier Clisson avec son envahisseur annuel. Les habitants, d’abord méfiants, ont compris l’intérêt économique et la fierté que représente ce géant planté chez eux. Les décors monumentaux, les structures démesurées et les flammes qui crachent au-dessus des scènes font désormais partie du paysage.

Reste l’essentiel : la musique. Le Hellfest a offert une légitimité à un genre longtemps relégué aux marges, méprisé par les médias et boudé par les institutions. Il a prouvé qu’on pouvait remplir des plaines entières avec des riffs que beaucoup jugeaient infréquentables.

L’histoire de ce festival raconte au fond une belle revanche. Celle d’un passionné têtu, d’une musique mal aimée et d’une petite ville qui n’imaginait pas devenir, le temps d’un été, le centre du monde pour des milliers de fans.

Crédit photo : DR

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