
On croit tous connaître Warhol. Les boîtes Campbell, les Marilyn en série, la Factory et sa cour permanente. Sauf que voilà, tout ça arrive après. Avant la sérigraphie, avant le pop art, il y a un jeune homme de Pittsburgh qui dessine, à la main, pour gagner sa vie dans la publicité new-yorkaise des années 1950. C’est ce Warhol-là que le Musée du Luxembourg ressort du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027, avec une exposition sobrement titrée La ligne et l’image.
Près de 150 dessins, quelques peintures, des sérigraphies sur papier, des photos et des archives. En tout, 44 ans de création graphique, des croquis d’adolescent jusqu’aux dernières séries. Le commissaire Alain Cueff a organisé le parcours en cinq temps. Le Warhol illustrateur de mode et de pub, d’abord. Puis sa passion pour l’écriture manuscrite, sa fascination pour les visages et les masques, une iconographie gay longtemps restée confidentielle, et enfin la mort, qui s’invite dans son travail après l’attentat de 1968 où il a failli y passer.
Ce qui est malin, c’est l’angle. On nous montre d’habitude la machine, la reproduction mécanique, l’usine à images. Ici on remonte d’un cran, vers la main. Le geste avant le procédé. Et on comprend mieux, du coup, que la sérigraphie n’a pas surgi de nulle part. Elle prolonge un trait déjà là, un dessin déjà obsédé par la répétition et par le visage.
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Est-ce que ça vaut le déplacement ? Franchement oui, surtout si vous pensez avoir fait le tour du bonhomme. C’est le genre d’expo qui déplace une évidence sans la casser. On ressort en se disant que le Warhol le plus intéressant n’est peut-être pas celui qu’on accroche en poster dans un salon d’étudiant. Le tarif reste raisonnable pour une grande institution parisienne, 14 euros plein, 10 en réduit, gratuit pour les moins de 16 ans. Et il y a une nocturne le lundi jusqu’à 22h, plutôt appréciable quand on bosse en journée.
Un bémol quand même. 150 dessins, ça se mérite, et l’œil se fatigue vite devant une telle accumulation de traits. Mieux vaut y aller reposé, prendre son temps, accepter de ne pas tout regarder. Warhol, lui, n’a jamais eu peur de la quantité.
Crédit photo : Musée du Luxembourg / The Andy Warhol Museum





