
Voilà un des films les plus attendus de la rentrée, et sûrement l’un des plus étranges. L’Inconnue, le nouveau long-métrage d’Arthur Harari, arrive en salles le 26 août.
Vous connaissez Harari sans forcément le savoir. C’est lui qui a réalisé Onoda, ce soldat japonais planqué dans la jungle pendant trente ans, et lui aussi qui a co-écrit Anatomie d’une chute, la Palme d’or de Justine Triet. Le bonhomme sait raconter, donc.
Cette fois, il adapte Le Cas David Zimmerman, un roman graphique paru fin 2024 qu’il a signé avec son frère Lucas. Le pitch a de quoi intriguer. David, photographe parisien qui approche la quarantaine, vit reclus. Un soir, on le traîne à une fête, il y croise une femme. Et au réveil, il se retrouve dans le corps de cette inconnue. Échange de corps, sans mode d’emploi.
Sur le papier, ça sent le film de genre. Sauf que Harari prend le contre-pied total. Pas d’effets spéciaux tape-à-l’œil, pas de comédie facile à la Freaky Friday. Il filme ce truc fantastique comme un fait divers intime, en mode naturaliste, grave, presque clinique. Léa Seydoux et Niels Schneider portent tout ça avec un sérieux qui ne se relâche jamais.
Le film est adapté d’un roman graphique paru chez Sarbacane, signé par Arthur Harari et son frère Lucas. Si l’histoire vous intrigue, la BD d’origine se lit très bien avant la séance.
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Le film était en compétition à Cannes en mai. Il n’a pas décroché la Palme, mais il a raflé le prix Jean Vigo début juillet, celui qui récompense l’audace et l’indépendance d’esprit. Ça résume assez bien le personnage.
Côté critiques, on est en plein clivage. Certains y voient une magnifique méditation sur l’identité, l’estime de soi, ce qu’on fait de la peau qu’on habite. D’autres trouvent ça froid, cérébral, une belle mécanique conceptuelle à qui il manquerait une âme. Rotten Tomatoes tourne autour de 68 pour cent, Metacritic affiche un 62 poli. Bref, personne n’est vraiment d’accord.
Mon avis avant de foncer le voir ? C’est exactement le genre de film qui mérite le déplacement même s’il vous agace. Un cinéaste qui prend un concept casse-gueule et refuse de le rendre spectaculaire, qui préfère creuser le malaise plutôt que le divertissement, ça ne court pas les salles en pleine rentrée. Deux heures dix-neuf, quand même, prévoyez d’être en forme.
Ce ne sera pas le film de l’été pour tout le monde. Mais si vous aimez sortir d’une salle un peu retourné, celui-là est fait pour vous.
Crédit photo : Pathé Films





