Culture

Mary Cassatt a passé sa vie à peindre Paris sans jamais y avoir droit à une vraie rétrospective, et Orsay répare enfin l’oubli

posted by Vincent 6 octobre 2026
Le Bain de l'enfant (1893), huile de Mary Cassatt : une femme lave les pieds d'une fillette assise sur ses genoux

Elle est née à Pittsburgh en 1844, elle a fait sa carrière entière à Paris, et pourtant la France ne lui avait jamais offert de grande exposition. C’est dingue quand on y pense. Mary Cassatt, c’est pourtant l’une des rares femmes admises dans le cercle très masculin des impressionnistes, invitée par Degas lui-même à exposer avec la bande. Un siècle après sa mort en 1926, le musée d’Orsay corrige le tir avec « Mary Cassatt. L’indépendante », à voir du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027.

Le titre n’est pas choisi au hasard. Cassatt a refusé le mariage, refusé la carrière décorative qu’on réservait aux dames de bonne famille, et elle a vécu de sa peinture dans un milieu qui ne l’y encourageait pas vraiment. L’indépendance, chez elle, ce n’était pas une posture. C’était un choix de tous les jours.

L’expo réunit près de 80 œuvres, peintures, pastels, dessins et estampes, prêtées par des collections européennes et américaines. On la connaît surtout pour ses mères et ses enfants, et il y en aura, forcément. Le fameux « Bain de l’enfant » de 1893 résume tout son art, cette tendresse sans mièvrerie, ce cadrage un peu de biais qui doit beaucoup aux estampes japonaises dont elle raffolait. D’ailleurs ses propres gravures en couleur des années 1890, directement inspirées du japonisme, comptent parmi ce qu’elle a fait de plus audacieux.

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Mais la réduire à la maternité serait injuste, et c’est justement le pari du parcours imaginé par Caroline Corbeau-Parsons et Anne Robbins. On y retrouve ses scènes de femmes dans leur quotidien bourgeois, ses portraits, sa manière bien à elle de regarder les gens sans les flatter. « Jeune fille au banjo », « Jeune fille au jardin » : des titres sages pour une peintre qui ne l’était pas tant que ça.

Le projet a été monté avec la National Portrait Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, ce qui explique la qualité des prêts. Comptez 17,50 euros l’entrée, 13 en tarif réduit.

Si vous aimez l’impressionnisme mais que vous commencez à avoir fait le tour des Monet et des Renoir, c’est exactement la respiration qu’il vous faut. Une grande peintre qu’on redécouvre, et qui le méritait depuis longtemps.

Crédit photo : Mary Cassatt, Le Bain de l’enfant (1893), domaine public

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