Culture

Le musée d’Orsay répare un oubli de cent ans et consacre enfin Mary Cassatt, la seule Américaine à avoir exposé avec les impressionnistes

posted by Vincent 22 octobre 2026
Jeune fille au jardin, peinture de Mary Cassatt conservée au musée d'Orsay

Il aura fallu attendre le centenaire de sa mort pour qu’Orsay lui offre, du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027, sa première grande rétrospective en France. C’est à peine croyable quand on sait que Mary Cassatt a passé l’essentiel de sa carrière à Paris, qu’elle fréquentait Degas, et qu’elle fut la seule femme américaine à exposer aux côtés des impressionnistes. Autant dire qu’on part d’assez loin.

Le sous-titre résume tout : Le choix de l’indépendance. Née en 1844 dans une famille aisée de Pennsylvanie, Cassatt refuse le mariage, refuse les circuits académiques, s’installe à Paris et ouvre son propre atelier à une époque où une femme peintre devait surtout rester discrète. Elle ne le sera jamais. Elle expose avec les impressionnistes dès 1879, vend, conseille les grands collectionneurs américains, et finit même par militer pour le droit de vote des femmes.

L’exposition rassemble environ 80 œuvres, peintures, pastels, dessins et estampes, prêtées par des collections européennes et américaines. Elle est montée avec la National Portrait Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, ce qui explique la qualité des prêts. Le parcours suit sa trajectoire, de ses débuts à son engagement féministe, et s’attarde sur ce qui fait sa signature : les scènes de maternité, les intérieurs feutrés, et cette influence japonaise qui donne à ses estampes leur élégance un peu sèche.

Mary Cassatt : Une Américaine chez les impressionnistes

Pour prolonger la visite, la monographie d’Isabelle Enaud-Lechien retrace tout le parcours de Cassatt, de la Pennsylvanie aux cimaises impressionnistes.

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Ce qui frappe chez Cassatt, c’est qu’elle peint la vie des femmes sans mièvrerie. Une mère qui lave son enfant, une jeune fille au jardin, une loge d’opéra : des sujets qu’on jugeait mineurs à l’époque, qu’elle traite avec une autorité de composition qui n’a rien à envier à Degas. Et puis il y a cette curiosité du parcours, la restitution numérique de Modern Woman, sa fresque monumentale peinte pour l’Exposition de Chicago en 1893 et aujourd’hui disparue.

Alors oui, vous aurez du monde, c’est Orsay en pleine saison. Mais c’est le genre de rendez-vous qui remet une artiste à sa vraie place, celle d’une pionnière qu’on a trop longtemps rangée derrière ses amis masculins. Si vous ne connaissez d’elle que les mères et les enfants, vous allez découvrir une femme autrement plus coriace. Ça vaut largement le détour.

Crédit photo : Mary Cassatt / Musée d’Orsay (domaine public, via Wikimedia Commons)

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