Culture

Renoir et l’amour au musée d’Orsay : la plus belle rétrospective parisienne depuis quarante ans

posted by Vincent 18 juin 2026
Bal du moulin de la Galette de Pierre-Auguste Renoir, l'une des toiles phares de l'exposition du musée d'Orsay

Il faut remonter à 1985 et à la grande exposition du Grand Palais pour retrouver à Paris un accrochage Renoir de cette ampleur. Le musée d’Orsay répare cette longue absence avec « Renoir et l’amour. La modernité heureuse (1865-1885) », visible jusqu’au 19 juillet.

Une cinquantaine de toiles, dont une bonne partie prêtée par la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, deux coorganisateurs de poids. Autant dire qu’on croise là des tableaux qui voyagent rarement, et qu’on ne reverra peut-être pas réunis avant longtemps.

Le fil conducteur, c’est l’amour, mais pas seulement celui des amoureux. Renoir peint la tendresse, la fête, les corps qui se frôlent, la joie un peu bête et magnifique d’être ensemble un dimanche au bord de l’eau. Les pièces maîtresses sont là : « Le Déjeuner des canotiers », le « Bal du moulin de la Galette », « La Promenade » de 1870. Devant ces toiles, on comprend vite pourquoi Renoir agace autant qu’il émeut.

Car il y a un débat, et l’expo a le mérite de ne pas l’esquiver. On reproche souvent à Renoir d’être trop joli, trop sucré, peintre de la bonne humeur quand ses camarades impressionnistes cherchaient la rupture. Lui-même revendiquait une peinture « aimable, joyeuse et jolie ». Le parcours assume ce parti pris du bonheur et le replace dans son époque : derrière les guinguettes ensoleillées, il y a un vrai projet de modernité, une manière de faire entrer la vie ordinaire et le plaisir dans la grande peinture.

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C’est ce qui rend la visite plus stimulante qu’un simple défilé de chefs-d’œuvre. On ressort avec une question en tête : peut-on encore peindre le bonheur sans passer pour naïf ? Renoir y croyait, et il avait sans doute raison.

La scénographie reste classique, sans esbroufe, ce qui convient à des toiles qui n’ont pas besoin qu’on en rajoute. Quelques salles peuvent se révéler bondées aux heures de pointe, alors mieux vaut réserver un créneau, idéalement en semaine ou en nocturne le jeudi.

Pour qui ? À peu près tout le monde. Les amateurs d’impressionnisme y trouveront des inédits, les autres une porte d’entrée idéale, lumineuse et accessible. C’est l’expo de l’été à Paris, et pour une fois la formule n’est pas exagérée.

Crédit photo : Pierre-Auguste Renoir, Bal du moulin de la Galette (domaine public, via Wikimedia Commons)

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