Culture

Arthur Harari enferme un homme dans le corps de Léa Seydoux, et c’est le pari le plus casse-gueule de la rentrée

posted by Vincent 3 août 2026
Affiche du film L'Inconnue d'Arthur Harari, avec Léa Seydoux et Niels Schneider

Il y a des idées de cinéma qui tiennent en une phrase et qui font un peu peur rien qu’à l’énoncé. Celle-là en fait partie. Un homme se réveille un matin dans le corps d’une femme, et le film prend ça au sérieux pendant 2h19.

L’Inconnue arrive en salles le 26 août, après un passage très remarqué en compétition officielle à Cannes cette année. On connaissait Arthur Harari pour Onoda, ce soldat japonais qui continuait sa guerre trente ans après la capitulation, et surtout pour avoir co-écrit Anatomie d’une chute, la Palme d’or 2023 de Justine Triet. Autant dire qu’on ne l’attendait pas franchement sur une histoire d’échange de corps.

Le point de départ, donc. David Zimmerman, photographe qui approche la quarantaine sans que personne ne le remarque vraiment, croise une certaine Eva à une soirée. Ils passent la nuit ensemble. Au réveil, David habite le corps de cette inconnue. Niels Schneider joue l’homme, Léa Seydoux la femme, et le film refuse absolument la pente de la comédie.

C’est là que ça devient intéressant. Harari ne filme pas un gag, il filme un vertige. Comment continuer à être soi quand le miroir ne renvoie plus rien de connu ? Le motif fantastique n’est qu’un prétexte à une vraie question, celle de l’identité et de l’estime de soi, traitée avec un sérieux presque inquiétant.

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Les acteurs suivent. Niels Schneider s’est métamorphosé physiquement au point d’en devenir méconnaissable, certains ont cité Christian Bale dans The Machinist. Léa Seydoux, elle, ne cherche jamais à imiter un homme. Elle se raidit contre son propre corps, l’habite comme une pièce trop lourde. La photographie est superbe, la musique franchement ensorcelante.

Sauf que voilà, la presse s’est divisée à Cannes, et pas qu’un peu. Certains ont vu un film habité mais nébuleux, trop bizarre, qui frôle l’inconfort sans toujours retomber sur ses pieds. Il a quand même décroché le prix Jean-Vigo, ce qu’on ne donne jamais à un objet tiède.

Alors on vous prévient : ce n’est pas le film qu’on regarde d’un œil distrait en terrasse. C’est long, c’est grave, c’est cérébral, et ça peut agacer autant que fasciner. Mais un cinéaste qui empoigne un concept aussi glissant et refuse la facilité pendant plus de deux heures, ça mérite le déplacement. Quitte à en ressortir un peu secoué.

Crédit photo : Pathé

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