Culture

Nicolas de Staël au Musée d’Art moderne : vingt ans d’attente pour une retrospective qui s’impose

posted by Vincent 16 septembre 2023
Nicolas de Staël au Musée d'Art moderne : vingt ans d'attente pour une retrospective qui s'impose

Le Musée d’Art moderne de Paris consacre une grande rétrospective à Nicolas de Staël, du 15 septembre 2023 au 21 janvier 2024. La première en France depuis vingt ans. Une occasion que ceux qui s’intéressent à la peinture du XXe siècle auraient tort de manquer.

De Staël (1914-1955) occupe une place singulière dans l’histoire de l’art moderne. Né à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique russe, il arrive en France après un parcours marqué par l’exil et des années de misère réelle. Il peint avec une énergie qui confine à la fièvre, dans des formats souvent monumentaux, avec une matière épaisse et charnelle qui semble lutter contre la toile.

Son oeuvre tient une position difficile à ranger : à mi-chemin entre figuration et abstraction, sans appartenir vraiment à aucune école. Les couleurs sont tranchées, les masses s’affrontent. Rien de décoratif là-dedans.

La rétrospective rassemble environ deux cents oeuvres – peintures, dessins, gravures et carnets – venues de collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis. Une cinquantaine d’entre elles n’avaient jamais été présentées dans un musée français. C’est déjà en soi une raison suffisante pour se déplacer.

Le parcours est organisé chronologiquement, ce qui permet de suivre pas à pas l’évolution d’un peintre qui n’a travaillé que pendant une quinzaine d’années environ. Des premières toiles figuratives sombres et texturées des années 1940 jusqu’aux oeuvres peintes à la veille de sa mort, la progression est saisissante.

Car de Staël est mort à 41 ans, en mars 1955, après s’être défenestré de son atelier d’Antibes. Cette fin brutale a contribué à nourrir une légende romantique d’artiste consumé par ses propres ambitions. La question de savoir si cet imaginaire nous aide ou nous gêne pour regarder ses toiles reste ouverte.

Ce qui est sûr, c’est que devant un de Staël, on ne reste pas indifférent. Les bleus du Parc des Princes – une de ses toiles les plus connues, inspirée par un match de football vu au stade – ont une intensité qui n’a pas pris une ride depuis les années 1950.

Si vous ne fréquentez pas habituellement les musées, cette rétrospective est une bonne porte d’entrée dans la peinture abstraite : les toiles parlent directement, sans nécessiter un bagage théorique particulier. Et le catalogue de l’exposition, édité pour l’occasion, permet de prolonger l’expérience chez soi avec une iconographie soignée.

Crédit photo : DR

Nicolas de Staël — Catalogue de l'exposition MAM Paris 2023

Le catalogue officiel de la rétrospective, richement illustré :

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