
Si vous passez par Paris cet été, voilà une exposition à caler dans votre agenda. Le Musée Maillol accueille depuis le 5 juin la première grande rétrospective française consacrée à Gianni Versace depuis 1986. Quarante ans d’attente, quand même.
Le calendrier n’a rien d’un hasard : le couturier italien aurait eu 80 ans cette année, près de trente ans après son assassinat à Miami en 1997. L’exposition a déjà tourné à Londres, Berlin ou Malaga avant de poser ses valises rue de Grenelle.
Au programme, environ 450 pièces : robes, accessoires, croquis, photographies, vidéos et interviews. Le parcours ne suit pas l’ordre des collections mais avance par thèmes, de l’enfance calabraise à l’iconographie catholique, en passant par la statuaire grecque, le baroque et ses imprimés délirants, jusqu’aux silhouettes pop des années 80 et 90.
La scénographie de Nathalie Crinière transforme les salles en podium géant. Plus de 120 tenues défilent sur des mannequins figés en pleine pose, et vous voilà placé dans la position du photographe de défilé. C’est malin, et ça marche.
Pour prolonger la visite, ce petit livre illustré retrace l’histoire de la maison Versace depuis 1978, de Gianni à Donatella.
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Les pièces cultes sont là. La fameuse robe à épingles à nourrice d’Elizabeth Hurley, des tenues portées par Lady Diana, Naomi Campbell ou Carla Bruni, et la dernière collection de 1997, dessinée juste avant sa mort. De quoi raviver de sacrés souvenirs si vous avez connu l’âge d’or des supermodels.
Ce qui frappe surtout, c’est que l’expo ne se contente pas d’aligner des robes. Elle raconte un homme qui a inventé la célébrité moderne, marié la haute couture au rock puis au hip-hop, et assumé un mauvais goût somptueux à une époque où la mode se rêvait minimaliste. On ressort avec une furieuse envie de réécouter George Michael et de porter de l’imprimé doré.
Deux bémols tout de même. Le billet plein tarif est à 23,90 euros, ce qui n’est pas donné pour un musée privé. Et il faut impérativement réserver, certains créneaux affichent déjà complet. Bon point en revanche, l’audioguide est inclus. Comptez entre 1h30 et 2h de visite, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 22h. C’est ouvert jusqu’au 6 septembre.
Si la mode vous laisse complètement froid, passez votre chemin. Pour tous les autres, nostalgiques des années 90, amateurs de belles choses ou simples curieux, c’est probablement la sortie parisienne de l’été. À vous de voir si vous êtes plutôt version baroque ou version épingles à nourrice.





