Culture

Swan de Sarah Rivens : le best-seller dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler

posted by Vincent 11 juin 2026
Couverture violette du roman Swan, tome 1, de Sarah Rivens
Crédit photo : Éditions BMR

Hier, des lectrices ont fait la queue à la Fnac Saint-Lazare pour une dédicace. Pas pour un prix Goncourt, pas pour une vedette américaine de passage à Paris. Pour Sarah Rivens, dont le nouveau roman, Swan, sortait le jour même.

Si ce nom ne vous dit rien, c’est normal. Sarah Rivens ne passe pas à la télévision et les pages livres des grands journaux l’ignorent à peu près complètement. Elle s’est fait connaître sur Wattpad, une plateforme d’écriture en ligne, sous le pseudonyme Theblurredgirl. Sa saga Captive s’est ensuite vendue à plus de 700 000 exemplaires. Sans presse, sans plateau télé. Juste TikTok et le bouche-à-oreille.

Swan ouvre une nouvelle saga, chez un nouvel éditeur, BMR. On y suit Cléo, 26 ans, danseuse dans les clubs nocturnes de Manchester, dont le quotidien bascule quand elle croise Zachary, un héritier arrogant aux secrets bien gardés. Méfiance, attirance, rapports de force : tous les codes du genre sont là.

Ce genre, c’est la dark romance. Des histoires d’amour traversées par des dynamiques toxiques, des personnages cabossés, parfois de la violence. Ça cartonne chez les 15-30 ans, et ça hérisse une partie de la critique, qui accuse ces romans de romantiser des relations malsaines. Le débat est légitime, et il revient à chaque sortie de l’autrice.

Swan - Tome 1, de Sarah Rivens

Envie de vous faire votre propre avis, ou d’en discuter avec l’adolescente de la maison ? Le roman est disponible en grand format :

Swan – Tome 1, de Sarah Rivens → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Mais il y a un autre chiffre à regarder : celui des jeunes qui lisent. Pendant qu’on s’inquiète, à juste titre, de l’effondrement de la lecture chez les adolescents, une génération de lectrices dévore des pavés de 500 pages et fait la queue en librairie un mercredi matin. On a connu pire comme catastrophe culturelle.

Sur le fond, je ne vais pas vous mentir : la prose de Sarah Rivens ne rivalise pas avec celle d’Annie Ernaux, et ce n’est d’ailleurs pas le projet. C’est une mécanique narrative redoutable, des chapitres courts, des cliffhangers, une tension qui ne retombe jamais. Le genre de livre qu’on ouvre à 22 heures et qu’on referme à 3 heures du matin, un peu honteux mais content.

Du coup, faut-il lire Swan ? Si vous avez une adolescente à la maison qui en parle depuis des semaines, oui, ne serait-ce que pour pouvoir en discuter avec elle. Les vingt euros du grand format seront mieux investis dans cette conversation que dans un énième débat sur les écrans.

Et si vous tentez l’expérience vous-même, ne le dites à personne. Ou alors si, justement.

Leave a Comment

À lire