Culture

Un étudiant de Kyoto se cache derrière son parapluie, et le film bascule pile quand on ne s’y attend pas

posted by Vincent 26 juillet 2026
Affiche du film Sous le ciel de Kyoto d'Akiko Ohku, avec Toru et Hana face à face sous un ciel bleu

Toru mène une petite vie tranquille à Kyoto. Il étudie, il bosse dans des bains publics, et il trimballe partout un parapluie qui lui sert surtout à ne pas croiser le regard des autres. Un garçon qui se protège du monde, quoi. Et puis débarque Hana, spontanée, un peu fragile, lumineuse, le genre de fille qui déroute quelqu’un d’aussi rangé que lui. Vous voyez le tableau, la comédie romantique se met en place et on connaît la chanson.

Sauf que voilà, Akiko Ohku ne compte pas vous laisser sur cette pente-là. La réalisatrice, révélée chez nous par Tempête en 2020, adapte un roman de Shusuke Fukutoku et s’amuse d’abord avec les codes de la rom-com pour mieux les faire dérailler dans sa seconde partie. Un événement fait tout basculer, et le film change de nature. On passe du sourire au manque, de la rencontre à l’absence. Difficile d’en dire plus sans gâcher, mais c’est là que Sous le ciel de Kyoto devient autre chose qu’une jolie bluette.

Ce qui frappe, c’est la manière dont Ohku regarde le quotidien. Les rues de Kyoto, un trajet, un geste anodin, elle capte les beautés ordinaires avec une patience qui rappelle le cinéma contemplatif japonais, et les dialogues entre Riku Hagiwara et Yuumi Kawai ont cette intimité un peu bavarde qu’on retrouve chez Richard Linklater. On est vraiment dans le hasard, la sérendipité, ces petites collisions qui blessent autant qu’elles révèlent.

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Alors ce n’est pas un film pour tout le monde. Ça dure 2h08, le rythme prend son temps, et l’immaturité affective de ces étudiants pourra en agacer certains. La presse tourne autour de 3,1 sur 5, ce qui dit bien la chose, joli et sincère, mais pas le chef-d’œuvre qui vous retourne. Perso, cette délicatesse me parle, surtout quand un film accepte de trahir son propre genre en cours de route plutôt que de dérouler le scénario attendu.

Si vous aimez les romances japonaises qui refusent la facilité, celles qui démarrent léger et vous cueillent en douce, allez-y sans hésiter. Si vous fuyez les films lents et les cœurs qui traînent, passez votre chemin. Sorti le 22 juillet, distribué chez nous par Art House. À vous de voir sous quel ciel vous avez envie de vous asseoir.

Crédit photo : Art House

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