Culture

Charli XCX laisse tomber l’euphorie de Brat, branche les guitares saturées, et confie le dernier mot à Cronenberg

posted by Vincent 26 juillet 2026
Pochette de l'album Music, Fashion, Film de Charli XCX : trois hommes en noir et blanc dans une cuisine

Deux ans après avoir transformé un mot argotique en phénomène planétaire, la Britannique revient avec un huitième album qui ne ressemble en rien à l’été qu’elle avait mis à feu. Music, Fashion, Film est sorti vendredi dernier, le 24 juillet, chez Atlantic. Onze titres, un peu plus de trente minutes. On est loin des tubes de club taillés pour la piste.

Le titre dit déjà tout du programme. Musique, mode, cinéma : les trois vies que Charli XCX mène désormais de front, elle qui a tourné dans plusieurs films récents et occupe le premier rang des défilés. Sauf que voilà, plutôt que de célébrer cette réussite, l’album passe son temps à la questionner. Le rapport tourmenté à la création, la peur de disparaître, ce que ça coûte de vouloir être une grande artiste : voilà ce dont parlent les chansons, entre deux riffs de guitare triturés et des voix passées à la moulinette numérique.

Aux commandes, on retrouve ses fidèles A. G. Cook et Finn Keane, coauteurs de bout en bout. Fini l’hyperpop euphorique de Brat, place à des guitares qui crachent, des batteries électroniques plus sourdes, une ambiance nettement plus rêche. Quatre singles ont balisé le terrain avant la sortie : Rock Music en éclaireur, puis SS26, Wink Wink et Camera, tous accompagnés de clips.

Music, Fashion, Film — Charli XCX

L’album dont on parle ici, en CD ou en vinyle :

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Le clou du disque, c’est sa fin. No One Lasts Forever, le dernier morceau, fait intervenir David Cronenberg en personne. Le maître de l’horreur organique qui vient poser sa voix sur une méditation pop autour de la mortalité, franchement, il fallait oser, et ça fonctionne.

La presse suit largement. Le magazine Dork lui colle un 100 sur 100 et salue une Charli qui « joue sur ses forces et tranche dans le gras ». Consequence parle d’un résultat « saisissant » autour des grandes questions sur la grandeur artistique et la mort, et lui met 91. On sent quand même que le disque troque le plaisir immédiat contre quelque chose de plus âpre, de plus intime, presque un journal intime mis en musique.

Alors est-ce que ça vaut vos trente minutes ? Si vous attendiez Brat volume 2, vous risquez d’être un peu déçu. Mais si l’idée d’une pop star qui doute à voix haute vous intéresse, c’est un des albums les plus francs de l’année. Pas le plus facile. Sans doute le plus honnête.

Crédit photo : Atlantic Records

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