Culture

Versace débarque au Musée Maillol avec 450 pièces, et le clinquant y raconte enfin une vraie histoire

posted by Vincent 26 juillet 2026
Silhouette baroque de Gianni Versace devant le mur-titre de l'exposition au Musée Maillol

Le Musée Maillol consacre à Gianni Versace la première grande rétrospective française depuis 1986. Presque trente ans après sa mort, l’année où il aurait fêté ses 80 ans, le couturier calabrais reprend possession des lieux avec près de 450 pièces et plus de 120 silhouettes.

C’est énorme. On y trouve des robes, bien sûr, mais aussi des accessoires, des croquis, des objets, des photos et des vidéos rares. La scénographie de Nathalie Crinière transforme le parcours en podium géant, comme si vous marchiez au milieu d’un défilé qui n’en finit pas. Les commissaires Saskia Lubnow et Karl von der Ahé ont voulu montrer Versace en artiste, pas seulement en marchand de paillettes.

Et ça change pas mal de choses. Parce que le réflexe, avec Versace, c’est de penser strass, or et logo Méduse partout. Sauf que voilà, l’expo remet les imprimés baroques, les références à la statuaire grecque et l’iconographie catholique au centre du jeu. On comprend d’où vient tout ce vocabulaire visuel qu’on a fini par croiser un peu partout depuis.

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Il y a évidemment les pièces qui ont fait basculer la mode dans la culture pop. La fameuse robe à épingles de nourrice portée par Elizabeth Hurley en 1994, la ligne provocante Miss S&M de 1992, les tenues métalliques qui ont habillé Madonna, Diana ou Elton John. Et puis les tops. Naomi Campbell, Cindy Crawford, Linda Evangelista défilant chez lui, immortalisées par Avedon, Helmut Newton ou Testino. Versace n’a pas juste vendu des robes, il a fabriqué le supermodel comme phénomène.

On repense forcément à ce matin de juillet 1997, quand il a été abattu devant sa villa de Miami, à 50 ans, en pleine gloire. Sa sœur Donatella a repris la maison juste après, et le nom ne s’est jamais éteint.

Faut-il y aller ? Oui, sans hésiter, même si vous n’y connaissez rien à la mode. L’expo a d’ailleurs été prolongée jusqu’au 31 octobre, ce qui n’arrive pas quand les salles restent vides. On ressort de là en se disant que le mauvais goût assumé, quand il est poussé aussi loin et avec autant de culture derrière, devient carrément une forme d’art. Comptez une bonne heure, et évitez le samedi après-midi si vous voulez vraiment approcher les vitrines.

Crédit photo : Musée Maillol

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