Culture

Un Finlandais transforme un pavé de 696 pages en livre dont vous êtes le héros, et Neuromaniac est l’objet le plus fou de cette rentrée

posted by Vincent 24 août 2026
Couverture du roman Neuromaniac de Jaakko Yli-Juonikas, un cerveau doré sur fond bordeaux, éditions Monts Métallifères

Vous vous souvenez des Livres dont vous êtes le héros, ceux qu’on lisait ado en cornant les pages pour revenir en arrière quand on mourait au chapitre 12 ? Imaginez la même mécanique, mais dans un roman de 696 pages destiné aux adultes, écrit par un Finlandais, et qui se déroule à l’intérieur d’un cerveau. C’est Neuromaniac, paru le 21 août chez le petit éditeur Monts Métallifères, et franchement, on n’avait rien lu d’aussi gonflé depuis un moment.

Le principe. À la fin de chaque chapitre, vous devez décider comment continuer, et vous sautez au chapitre indiqué. Vous ne lisez donc pas le livre dans l’ordre, vous vous frayez un chemin dedans. Le personnage que vous pilotez, Gereg, ne sait rien faire tout seul, ce qui donne à l’exercice un côté un peu vertigineux.

L’histoire se passe dans la tête de Silvo Näre, un patient interné en hôpital psychiatrique à Turku, sous la surveillance discrète de la police secrète. À partir de là, Jaakko Yli-Juonikas mélange le roman policier, l’étude neuroscientifique et une sorte d’épopée toxicologique, le tout truffé de notes de bas de page, de renvois et de mises en page qui sortent du cadre. Il y a même une carte du roman à télécharger pour ne pas se perdre. On pense forcément à La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski, cette autre brique labyrinthique où le livre lui-même devient un piège.

Neuromaniac (Monts Métallifères)

Le pavé en question, si vous voulez tenter de vous y perdre vous-même :

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Ce qui est fort, c’est que le bouquin existe en finnois depuis 2012, où il est devenu culte, et qu’il a fallu attendre tout ce temps pour le voir traduit. Le travail revient à Sébastien Cagnoli, qui a déjà porté Sofi Oksanen en français, et on imagine sans peine le casse-tête que représente un texte pareil.

Alors oui, à 29,50 euros et 696 pages, ça se mérite. Ce n’est pas un livre de plage qu’on avale entre deux siestes, c’est plutôt le genre d’objet qu’on garde sur la table basse et qu’on ouvre par bouts, en acceptant de s’y perdre. Si vous cherchez un roman confortable, passez votre chemin. Mais si l’idée d’un texte qui vous prend au piège et refuse de se laisser lire sagement vous amuse, vous tenez sans doute la lecture la plus étrange de la rentrée. Moi, ça m’intrigue beaucoup trop pour passer à côté.

Crédit photo : Monts Métallifères

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