Culture

Un livreur d’orchidées retrouve son père dix ans après, et Des Fleurs pour Tokyo installe une mélancolie qui vous attrape en silence

posted by Vincent 23 août 2026
Affiche officielle du film Des Fleurs pour Tokyo : un jeune livreur tient un bouquet d'orchidées dans un hall de Tokyo

Ren passe ses journées à livrer des orchidées dans les rues de Tokyo. Son père, Hajime, a passé sa vie à dessiner des maisons pour les autres, sans jamais vraiment habiter la sienne. Un jour, une livraison les remet face à face, dix ans après qu’ils se soient perdus de vue. Voilà le point de départ de Des Fleurs pour Tokyo, premier long-métrage de Yuiga Danzuka, arrivé dans nos salles début août par Nour Films.

Le film dure 1h55 et il prend son temps, vraiment. Danzuka ouvre sur des souvenirs de vacances en famille, une maison de campagne, une lumière douce, puis bascule au présent où un drame a laissé tout le monde éparpillé. Ce prologue est franchement le plus beau morceau du film. Le cinéaste travaille l’espace et le son avec une finesse rare pour un débutant, et il installe une suspension qui reste avec vous longtemps après la séance.

Après, c’est un peu plus compliqué. La deuxième partie vire au contemplatif, et l’émotion qu’on sentait monter reste parfois à l’état de promesse. Danzuka refuse le mélodrame, ce qui est tout à son honneur, mais à force de silences et de regards, certains lui reprocheront de tenir son sujet à distance. La critique s’est d’ailleurs divisée là-dessus : magnifique première oeuvre pour les uns, joli mais un peu creux pour les autres.

Une affaire de famille (Kore-eda) - Blu-ray

Si cette veine du drame familial japonais vous parle, la Palme d’or de Kore-eda reste un sommet du genre :

Une affaire de famille (Kore-eda) – Blu-ray → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Ce qui est sûr, c’est que le sujet touche juste. Un homme qui construit des foyers pour des inconnus et laisse le sien s’effondrer, c’est une image forte, et Danzuka la relie sans lourdeur au dévouement au travail qui finit par ronger les liens familiaux. On pense forcément à Ozu, à Kore-eda, à toute cette veine du drame familial japonais où l’essentiel se joue dans un non-dit et un plan sur une fenêtre. Le film est d’ailleurs dédié à la mère du réalisateur, et ça se sent.

Alors est-ce que je vous le conseille ? Oui, si vous aimez ce cinéma-là, celui qui murmure au lieu de crier. Si vous cherchez un récit qui vous prend par la main et vous explique tout, passez votre chemin. C’est un premier film, avec ses maladresses, mais avec un vrai regard. Et des regards de cinéaste comme celui-là, on n’en croise pas tant que ça.

Crédit photo : Nour Films

Leave a Comment

À lire