Culture

David Robert Mitchell arrache une rue de pavillons pour la lâcher chez les dinosaures, et La Fin d’Oak Street ne ressemble à rien de ce qu’il a fait

posted by Vincent 23 août 2026
Affiche officielle du film La Fin d'Oak Street : une famille observe la silhouette d'un dinosaure dans la brume devant leur pavillon

On connaissait Mitchell pour It Follows, ce film d’horreur où une malédiction vous suit tranquillement au pas, et pour Under the Silver Lake, son polar paranoïaque qui a divisé à peu près tout le monde. Le revoilà avec un projet nettement plus gros. La Fin d’Oak Street est arrivé dans les salles françaises le 12 août, et c’est de la science-fiction pur jus, pensée pour le grand écran, avec une version IMAX à la clé.

Le pitch tient en une image. Un phénomène cosmique arrache littéralement une rue de banlieue, pavillons compris, et la dépose ailleurs. Cet ailleurs, c’est la préhistoire. La famille Platt se retrouve donc à devoir survivre au milieu de dinosaures de plusieurs tonnes qui n’ont visiblement aucun scrupule à les croquer. Voilà pour le décor.

Sauf que Mitchell ne fait pas un film catastrophe classique. Ce qui l’intéresse, visiblement, ce n’est pas d’expliquer le mystère, ni le grand spectacle permanent. C’est ce qui se passe dans une famille quand le monde familier disparaît d’un coup. La peur, les tensions, l’obligation de rester soudés pour ne pas y passer. Le côté intime prime sur le côté cosmique, et c’est plutôt bien vu comme parti pris.

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Avant de plonger dans la nouvelle folie de Mitchell, on peut se refaire It Follows, son film d’horreur devenu culte :

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Au casting, du beau monde. Anne Hathaway et Ewan McGregor portent le film, entourés de Maisy Stella, formidable dans Ma vie d’avant, et du jeune Christian Convery. Derrière la caméra on retrouve le chef opérateur Michael Gioulakis, fidèle de Mitchell depuis It Follows, et à la musique Michael Giacchino, l’homme qui a signé la moitié des grandes bandes originales hollywoodiennes de ces vingt dernières années. À la production, un certain J.J. Abrams, via sa société Bad Robot. Warner Bros. distribue.

Bref, sur le papier tous les voyants sont au vert. Reste la vraie question avec Mitchell : est-ce qu’il tient la distance sur un budget pareil, lui qui excelle dans le malaise et l’étrange bien plus que dans le blockbuster ? Under the Silver Lake était brillant par moments, franchement bancal à d’autres. On peut craindre le même écart ici.

Mais l’idée de départ est tellement culottée qu’elle mérite le coup d’œil. Une rue entière balancée chez les dinosaures, avec Anne Hathaway qui court entre les fougères, ça ne s’invente pas. Si vous aimez la SF qui prend des risques plutôt que celle qui coche les cases, foncez. Vous risquez d’être surpris, dans un sens ou dans l’autre.

Crédit photo : Warner Bros.

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