Culture

The Christophers : le petit film d’arnaque que Soderbergh a glissé entre deux blockbusters

posted by Vincent 14 juin 2026
Affiche officielle du film The Christophers de Steven Soderbergh

Steven Soderbergh ne s’arrête jamais. Pendant que tout le monde guettait le retour de Spielberg dans les salles, il a sorti presque en douce The Christophers, une comédie noire de cent minutes qui vient d’arriver en France. Et c’est une vraie réussite.

Le pitch tient en une phrase grinçante. Un vieux peintre londonien, incarné par Ian McKellen, laisse derrière lui une série de toiles inachevées. Ses enfants, davantage intéressés par l’héritage que par l’art, engagent un peintre fauché pour terminer le travail en douce et tout revendre après sa mort.

Sauf que le faussaire et le vieil homme finissent par se comprendre. De cette rencontre naît une complicité que personne n’avait prévue, et la combine familiale commence à se fissurer.

On retrouve là tout ce que Soderbergh sait faire de mieux : un sujet a priori cynique, traité avec une élégance et une drôlerie qui désamorcent la méchanceté. Le scénario est signé Ed Solomon, déjà complice du cinéaste, et ça se sent dans les dialogues affûtés.

McKellen est évidemment magnifique en artiste sur le déclin, lucide et farceur. Autour de lui, Michaela Coel apporte sa présence électrique, James Corden surprend en fils vénal, et Jessica Gunning complète une fratrie aussi ridicule qu’attachante.

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Ce qui frappe, c’est le ton. On rit beaucoup, mais le film pose en creux une vraie question sur ce qui fait la valeur d’une œuvre. Qui en est le véritable auteur ? La main qui peint, ou la signature au coin de la toile ? Soderbergh ne tranche pas, et c’est tant mieux.

La critique anglo-saxonne a été conquise, avec un accueil quasi unanime depuis la présentation du film à Toronto. Beaucoup parlent du long-métrage le plus chaleureux et le plus humain du réalisateur depuis longtemps, loin de ses expérimentations plus froides.

Tout n’est pas parfait. À cent minutes, le récit file vite, peut-être un peu trop, et certains personnages secondaires auraient mérité qu’on s’attarde sur eux. Mais c’est le prix d’un cinéma nerveux qui préfère la vivacité à la démonstration.

Si vous aimez les films malins qui parlent d’argent, de mensonge et de création sans jamais se prendre au sérieux, foncez. C’est exactement le genre de séance qui rappelle pourquoi on aime le cinéma de salle.

Une jolie surprise, à voir tant qu’elle est encore à l’affiche.

Crédit photo : The Christophers / Picturehouse Entertainment

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