
Muse a sorti son dixième album il y a un mois, et son titre à lui seul raconte déjà une histoire. The Wow! Signal renvoie à un vrai événement : en août 1977, un radiotélescope de l’Ohio surnommé Big Ear capte pendant 72 secondes un signal radio d’une puissance inexplicable, venu de la direction du Sagittaire. L’astronome de garde entoure la trace sur son listing et griffonne un « Wow! » dans la marge. On n’a jamais réentendu ce signal, ni compris d’où il venait. Presque cinquante ans plus tard, il donne son nom à un disque.
Chez Muse, l’espace et les grandes angoisses métaphysiques, c’est un classique. Sauf que voilà, derrière la façade cosmique se cache quelque chose de beaucoup plus intime : la séparation de Matt Bellamy d’avec la mannequin Elle Evans. Le chanteur a construit l’album autour des cinq étapes du deuil, avec en toile de fond ses peurs habituelles sur l’intelligence artificielle. Le grand vertige galactique sert donc surtout à parler d’un chagrin très terrestre.
Musicalement, c’est là que ça devient intéressant. On retrouve les guitares en avant, un vrai retour à la charge après des années où le groupe empilait volontiers les nappes électroniques et les envolées un peu boursouflées. Dix titres, de The Dark Forest à Space Debris en passant par Cryogen, Hexagons ou Nightshift Superstar. Et une première dans l’histoire du groupe : Hush accueille Ellie Goulding, premier invité vocal jamais convié sur un morceau de Muse. Rien que ça.
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L’accueil critique est plutôt bon sans être extatique. Un 67 sur 100 côté Metacritic, le NME qui parle carrément de leur meilleur album depuis vingt ans, et beaucoup de chroniqueurs soulagés de retrouver un Muse plus concis, moins grandiloquent. Tout n’est pas parfait pour autant : deux ou trois titres traînent des paroles un peu passe-partout, et ceux qui attendaient le grand opéra dystopique habituel resteront peut-être sur leur faim.
Pour la petite mise en scène, le groupe a annoncé le disque en envoyant une tablette à 33 kilomètres d’altitude, histoire de coller au thème jusqu’au bout. C’est très Muse, ça.
Au final, c’est un des albums les plus tenus qu’ils aient signés depuis longtemps. Si vous les aviez lâchés en route, du coup, c’est peut-être le bon moment pour remonter à bord.
Crédit photo : Warner Records / Muse





