
Il y a des séries dont on parle beaucoup et qui déçoivent. Et il y a Slow Horses, dont on parle trop peu alors que c’est, saison après saison, la meilleure série d’espionnage du moment. La sixième arrive mercredi.
L’idée de départ tient en une phrase, et elle est délicieuse. Le MI-5, le renseignement intérieur britannique, possède un placard. Ça s’appelle le Slough House, et c’est là qu’on relègue les agents qui ont raté quelque chose, grillé une mission, trop bu ou déplu à la hiérarchie. Officiellement ils travaillent encore. En réalité on les enterre sous la paperasse en espérant qu’ils démissionnent.
À la tête de ce mouroir, Jackson Lamb, incarné par un Gary Oldman méconnaissable, dépenaillé, cynique, flatulent et beaucoup plus fin qu’il ne veut bien le montrer. C’est l’un des grands rôles de ces dernières années, et il suffit à lui seul à justifier l’abonnement.
Cette saison 6 adapte deux romans de Mick Herron, Joe Country et Slough House, dont la série tire toute sa matière depuis 2022. L’intrigue, sans rien déflorer, part de Diana Taverner, la redoutable numéro deux du service jouée par Kristin Scott Thomas. Elle entraîne les tocards dans une histoire de représailles et de vengeance qui va vite les obliger à prendre la fuite. On retrouve évidemment Jack Lowden en River Cartwright, et un petit nouveau, Lenny Rush.
Envie de prendre de l’avance ? Le roman de Mick Herron qui a tout lancé se dévore d’une traite.
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Un mot quand même sur les coulisses, parce que ça compte. Will Smith, le scénariste qui a porté les cinq premières saisons et décroché un Emmy en 2024, a passé la main. C’est désormais Gaby Chiappe qui tient la barre. Le vrai test est là : la série gardait jusqu’ici un équilibre miraculeux entre tension d’espionnage et humour très sec. On verra si la mécanique tient sans son horloger d’origine.
Côté diffusion, comptez six épisodes. Le premier tombe le 16 septembre, puis un chaque mercredi jusqu’au 21 octobre. Frustrant pour les adeptes du binge, mais franchement, ça oblige à savourer.
Si vous aimez l’espionnage crasseux, désenchanté, à mille lieues des gadgets de James Bond, foncez. Et si vous n’avez jamais vu la série, prenez les cinq saisons dans l’ordre avant de vous jeter sur celle-ci. Vous me remercierez.
Crédit photo : Apple TV+





