Culture

Robert Doisneau revient à Lyon avec 400 photos, mais Instants Donnés reste un cran trop sage

posted by Vincent 11 septembre 2026
Affiche officielle de l'exposition Robert Doisneau, Instants Donnés, à La Sucrière à Lyon : photographie en noir et blanc d'un enfant qui saute d'un rocher

La Sucrière accueille depuis le 4 septembre la plus grande rétrospective consacrée à Robert Doisneau depuis presque vingt ans, et rien que pour ça, ça vaut le déplacement. On parle de quatre cents tirages, dont une bonne part d’inédits, couvrant près de soixante ans de carrière, de 1934 à 1992. Autant dire une vie entière passée à guetter la rue.

Le titre, Instants Donnés, dit bien l’idée. Doisneau ne volait pas ses images, il les recevait. Il attendait que la scène vienne à lui. On retrouve forcément Le Baiser de l’Hôtel de Ville de 1950, ce cliché que tout le monde a vu au moins une fois sur une carte postale. Mais l’expo a le bon goût de ne pas s’arrêter là.

Ce qui frappe, c’est le reste. Les enfants, d’abord, qui forment de loin la plus belle séquence, avec ces gamins de Paris qui jouent dans le caniveau, cette énergie qui rappelle un peu Les Quatre Cents Coups de Truffaut. Et puis tout un pan méconnu : ses commandes publicitaires pour Orangina, ses reportages pour Vogue. On découvre un Doisneau qui bossait, qui gagnait sa vie, loin de l’image du poète du dimanche.

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L’accrochage a été construit avec l’Atelier Robert Doisneau, tenu par ses deux filles, Annette Doisneau et Francine Deroudille. Ça se sent : appareils d’époque, reconstitution du labo, collages, objets personnels. Il y a même une section pensée pour Lyon, avec quarante photos prises en 1950 lors d’une mission pour Vogue, du côté de la place du Change et de la cour des Voraces.

Alors où est le hic ? Dans la mise en scène, justement. C’est propre, c’est agréable, le code couleur aide à circuler, mais ça reste terriblement sage. Aucun vrai parti pris, pas de fil conducteur qui vous prend à la gorge. On empile les merveilles sans trop oser les faire dialoguer. Quand on voit, à quelques kilomètres, ce que le Grand Hôtel-Dieu ose avec Mucha, on se dit que Doisneau méritait un peu plus d’audace.

Reste que quatre cents photos de ce niveau, même exposées gentiment, ça remplit une après-midi entière. Comptez autour de 17 euros l’entrée, c’est ouvert jusqu’au 7 mars. Si vous aimez ce Paris en noir et blanc qui n’existe plus, foncez. Vous ressortirez juste en vous disant qu’on aurait pu faire encore un peu mieux.

Crédit photo : Atelier Robert Doisneau

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