
Il y a des romans d’histoire qui sentent la poussière, et il y a Camille Pascal. Son nouveau livre, Le Bal des foudroyés, est arrivé en librairie fin août chez Robert Laffont, et il vous plante d’entrée dans une chambre où un homme se meurt en comptant ses trésors.
Cet homme, c’est Mazarin. Nous sommes en 1661. Le cardinal, Premier ministre tout-puissant, agonise au milieu de ses tableaux, ses diamants et ses caisses d’or amassées pendant vingt ans. À côté, un gamin de vingt-deux ans qui préfère les fêtes et ses histoires de cœur aux affaires du royaume. Ce gamin, c’est Louis XIV. Et tout le monde le prend pour un figurant.
Grosse erreur. Quand Mazarin rend l’âme, la vérité tombe : les caisses de l’État sont vides, siphonnées par des années de détournements. Et là, le jeune roi que personne n’attendait décide de tout reprendre en main. Pas de Premier ministre. Pas de partage. Il gouvernera seul.
Camille Pascal raconte donc ce basculement, ce moment précis où un dauphin nonchalant se change en monarque absolu, avec une duplicité que personne n’avait vue venir. En toile de fond, le duel qui va faire couler beaucoup d’encre : Fouquet, le surintendant des finances qui étale sa fortune sans se méfier, contre Colbert, qui avance masqué et prépare la chute. On connaît la fin, mais Pascal la rejoue avec un plaisir de conteur assez communicatif.
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C’est là qu’il est fort, d’ailleurs. L’auteur de L’Été des quatre rois, couronné par l’Académie française, connaît sa cour sur le bout des doigts. Le contexte est solide, jamais plaqué, et il ne cherche pas une seconde à rendre cette France de 1661 sympathique. On y complote, on y trahit, on y écrase l’autre sans le moindre état d’âme. Les foudroyés du titre, ce sont tous ceux que la nouvelle ambition royale va broyer au passage.
Alors oui, côté style, ne vous attendez pas à une révolution : Pascal aime les grands sentiments et les scènes un peu théâtrales, et ça déborde parfois. Mais pour un roman historique qui se dévore, qui vulgarise sans jamais vous prendre pour un idiot, c’est franchement une réussite.
288 pages, 22,50 euros. Si les intrigues de pouvoir et les coups tordus de la haute politique vous parlent, celui-là est fait pour vous.
Crédit photo : Robert Laffont





