
Le pitch a tout du jeu de société historique improbable, et c’est tant mieux. En 1651, la Fronde gronde, et Anne d’Autriche décide de mettre son fils Louis, pas encore XIV, à l’abri. Elle le remplace par un sosie sur le trône, et confie le vrai gamin à D’Artagnan, qui le glisse à son tour chez Cyrano de Bergerac. Lequel cache le futur Roi-Soleil dans la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et d’un certain Molière. Voilà le point de départ.
Michel Leclerc, qu’on avait connu plus mélancolique avec Le Nom des gens, se lâche complètement. Il prend l’Histoire de France, la secoue, et en sort une comédie de cape et d’épée colorée, présentée hors compétition à Cannes cette année. Le film dure 1h54 et sort en salles le 24 juin.
Le casting fait beaucoup pour le plaisir. Artus campe un Cyrano à contre-emploi, moins matamore que prévu, avec une vraie intériorité et même une relecture amoureuse du personnage qui surprend. Julia Piaton, en Madeleine Béjart, vole pas mal de scènes avec ce mélange d’esprit et de droiture qui lui va si bien. Autour d’eux, Doria Tillier, Franck Dubosc et le jeune Nemo Schiffman complètent un tableau joyeusement bordélique.
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Ce qui m’a plu, c’est que sous la farce, Leclerc parle de notre époque sans appuyer le trait au marqueur. Le sosie sur le trône, c’est la fausse image qui gouverne. Le pouvoir qui se fabrique à coups d’apparences, l’information trafiquée, le mensonge d’État rigolard. Et puis le théâtre comme refuge, comme endroit où le collectif l’emporte sur l’ego. C’est généreux et plutôt malin.
Reste que tout n’est pas parfait. Certains gags sont un peu gros, quelques personnages frôlent la caricature de dessin animé, et le film refuse à peu près toute gravité. Personne ne saigne vraiment, et cette légèreté permanente finit par diluer les enjeux. On rit, mais on tremble rarement.
Ce n’est pas grave, parce que ce n’était visiblement pas le but. Les Caprices de l’Enfant Roi assume son statut de feel-good royal, une récréation maline pour grand public qui révise son histoire en se marrant. Si vous cherchez du panache, des costumes et un Molière qui n’a pas encore écrit ses chefs-d’œuvre, c’est tout indiqué pour une sortie d’été.
Crédit photo : AlloCiné





