Culture

K-Beauty au musée Guimet : derrière la crème à l’escargot, trois siècles d’histoire

posted by Vincent 23 juin 2026
Visuel de l'exposition K-Beauty au musée Guimet : illustration d'une femme coréenne en hanbq avec coiffure traditionnelle

On connaît tous quelqu’un qui aligne sur le rebord de sa salle de bain dix flacons venus de Séoul, avec des routines en douze étapes et des masques à la bave d’escargot. La beauté coréenne s’est imposée partout, sur les réseaux comme dans les rayons. Mais d’où vient-elle vraiment ? C’est tout l’intérêt de l’exposition que le musée Guimet lui consacre jusqu’au 6 juillet, sous le titre « K-Beauty, beauté coréenne, histoire d’un phénomène ».

L’idée est maligne : remonter trois siècles en arrière pour montrer que cette mode hyper-contemporaine plonge ses racines très loin. On y croise des portraits de beautés historiques peints par Shin Yun-bok aux XVIIIe et XIXe siècles, des répliques de costumes signées Lee Young-hee, des références au Donguibogam, un traité médical de 1613, et des centaines de photographies anciennes. Le tout glisse peu à peu vers la K-pop, les K-dramas et les cosmétiques que vous connaissez.

Ce qui frappe, c’est la cohérence du récit. L’expo relie des objets intimes, peignes, miroirs, coffrets, à une esthétique devenue planétaire. On comprend mieux pourquoi un pays a su transformer un savoir-faire ancien en machine à exporter du soft power. La scénographie reste mesurée, jamais clinquante, ce qui colle bien au sujet.

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L’exposition a aussi le mérite de ne pas se contenter de célébrer. Elle pose, en filigrane, la question qui fâche : celle de la pression esthétique. Car derrière le teint « verre » et la peau parfaite, il y a aussi des injonctions très fortes, une conformité visuelle pesante, notamment pour les femmes coréennes. Le parcours laisse affleurer cette face moins lumineuse, sans en faire un procès, et c’est précisément ce qui le rend adulte.

Une réserve : c’est une exposition assez compacte, installée dans la rotonde du deuxième étage. Ne vous attendez pas à un parcours-fleuve, comptez plutôt une visite resserrée. À 15 euros l’entrée, certains trouveront ça un peu court.

Faut-il y aller ? Si la Corée et ses codes vous intriguent, ou si vous voulez comprendre ce qui se joue vraiment derrière une simple crème hydratante, oui, sans hésiter. C’est instructif, joliment présenté, et ça donne du recul sur une tendance qu’on consomme souvent sans y réfléchir. L’expo s’inscrit dans les 140 ans des relations entre la France et la Corée. Une bonne occasion de regarder ce pays autrement.

Crédit photo : Musée Guimet

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