
Le 19 août, Grasset publie « C’était ça ou mourir », le premier roman de Thélyson Orélien. Au Québec, où il est paru au printemps chez Boréal, le livre est déjà un phénomène. Une vingtaine de langues de traduction achetées, le prix Méduse dans la poche, une place parmi les trente finalistes du Prix du roman Fnac. Pour un premier roman, c’est énorme.
L’histoire tient en une phrase et vous prend à la gorge. Jonas Dorléon, professeur d’histoire à Port-au-Prince, voit son quartier partir en fumée sous les balles des gangs. Il fuit. Dans son sac, un diplôme qui ne vaudra plus rien, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Direction le Canada, où l’attend sa famille. Sauf que pour y arriver, il faut traverser un continent.
Et quel continent. République dominicaine, Brésil, Mexique, puis la jungle du Darién, ce bouchon de boue et de forêt entre la Colombie et le Panama que des dizaines de milliers de migrants franchissent à pied chaque année. Orélien ne vous épargne rien de la faim, des blessures, des contrôles, des séparations. Mais il ne tombe jamais dans le misérabilisme. Son Jonas est un intellectuel qui rit nerveusement pour tenir debout, et c’est cet humour à fleur de peau qui rend le livre supportable, lumineux même par endroits.
Le premier roman de Thélyson Orélien, à commander dès sa sortie le 19 août :
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Ce qui frappe, c’est que rien de tout ça n’est inventé de toutes pièces. Orélien, né aux Gonaïves en 1988, a quitté Haïti après le séisme de 2010. Installé au Canada, poète et essayiste, il a accompagné des migrants dans leurs démarches, recueilli leurs récits au Mexique, aux États-Unis, chez lui. Son roman est cousu de ces voix-là. Gaël Faye, qui n’est pas le dernier à savoir raconter l’exil, parle d’un baume autant qu’une claque. La formule est juste.
On pourrait redouter le roman à sujet, celui qu’on encense parce qu’il coche la case actualité migratoire. Ce serait passer à côté. Ici la langue tient debout, le récit avance sans jamais s’apitoyer, et le personnage existe vraiment. C’est exactement ce qui sépare un bon reportage romancé d’un vrai roman.
Bref, si vous ne deviez garder qu’un premier roman de cette rentrée, ça pourrait bien être celui-là. Sortie le 19 août chez Grasset, 21,50 euros. Notez la date.
Crédit photo : Grasset





