
La Colombienne vient de sortir son sixième album, et il ne ressemble à rien de ce qu’elle nous avait habitués à faire danser. « No Me Arrepiento de Sentir Tanto », paru le 7 août, se traduit par « Je ne regrette pas d’avoir tant ressenti ». Tout un programme.
Souvenez-vous : il y a un peu plus d’un an, elle nous servait Tropicoqueta, un disque solaire, festif, taillé pour les terrasses et les playlists d’été. Cette fois, elle fait exactement l’inverse. Quatorze titres, presque tous tournés autour de la même chose, une rupture. Elle raconte d’ailleurs avoir enregistré une bonne partie du disque seule, isolée à Hawaï, histoire de creuser pour de vrai.
Le résultat surprend. On y trouve encore du reggaeton, bien sûr, avec un morceau comme « Matadora » qui pourrait passer pour du Karol G classique. Mais le cœur de l’album est ailleurs. « Después de ti », une ballade pop posée aux côtés de Greg Gonzalez, le chanteur de Cigarettes After Sex, donne le vrai ton : mélancolique, à fleur de peau, très loin de la Bichota qui écrasait tout sur son passage.
Côté invités, elle n’a pas fait dans la demi-mesure. Drake et Bruno Mars viennent poser un couplet, aux côtés de figures plus pointues comme Judeline ou Rusowsky. À la production, on retrouve Tainy et Cashmere Cat, deux pointures qui savent exactement comment habiller une chanson triste sans la rendre plombante.
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Alors, est-ce que ça marche ? Franchement, oui, à condition d’accepter le changement de programme. Ceux qui venaient chercher des bangers pour la voiture risquent d’être un peu déçus, l’album prend son temps, il respire, il pleure même par moments. Mais c’est précisément là qu’il devient intéressant. Karol G prouve qu’elle peut faire autre chose que des hymnes de club, et qu’une star latine peut se permettre d’être fragile sans perdre son public.
On sent une artiste qui n’a plus rien à prouver commercialement, et qui du coup s’autorise enfin à ralentir. C’est un pari, celui de troquer l’efficacité immédiate contre quelque chose de plus durable. Pour ma part, je trouve le geste courageux, et souvent réussi.
À écouter au casque, un soir, plutôt qu’en fond sonore. Ce n’est pas tout à fait le même album selon la façon dont vous l’abordez.
Crédit photo : Bichota Records / Interscope Records





