
Beck ne s’était pas fait entendre en album depuis 2019 et son Hyperspace un peu bancal. Sept ans plus tard, le voilà qui revient par la petite porte, celle des ballades acoustiques, avec Ride Lonesome, sorti le 18 septembre chez Capitol. C’est son quinzième disque, et le plus long silence de toute sa carrière.
Ceux qui l’ont découvert avec les samples déglingués d’Odelay ou les tubes bricolés de la fin des années 90 risquent d’être un peu perdus. Ici, pas de collage foutraque, pas de refrain à reprendre en boucle. Douze morceaux tout en retenue, des guitares à nu, quelques cordes, une voix qui traîne. On est dans le registre du Beck mélancolique, celui de Sea Change en 2002 et de Morning Phase en 2014, ces deux disques de rupture et de convalescence qui restent ce qu’il a fait de plus beau.
Ce n’est pas un hasard. Beck a rappelé autour de lui la même bande que sur ces albums-là : Smokey Hormel à la guitare, Joey Waronker à la batterie, Justin Meldal-Johnsen, Roger Manning. Et surtout Nigel Godrich, l’homme de Radiohead, qui avait déjà façonné le son cotonneux de Sea Change et qui s’occupe cette fois du mixage. La production, elle, Beck l’a gardée pour lui.
L’album est déjà dispo en vinyle et en CD, si vous voulez l’écouter au calme comme il se doit.
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Le résultat sonne comme un retour à la maison. On pense à Nick Drake, aux songwriters de Laurel Canyon des années 70, à cette pop de chambre un peu grise qu’on écoute une fois la nuit tombée. Sierra Ferrell vient même poser sa voix sur une version alternative du premier single, joli clin d’oeil à la scène folk d’aujourd’hui.
La critique a suivi sans se faire prier. Metacritic affiche 84 sur 100, le Guardian, Mojo et DIY lui collent la note maximale. Seul Pitchfork fait la moue avec un petit 6, en reprochant sans doute à Beck de rejouer une partition déjà connue. C’est vrai qu’on n’est pas franchement surpris. Mais quand un type sait faire ça aussi bien, on ne va pas lui en vouloir d’y revenir.
Si vous n’avez jamais accroché à ses albums de fête, c’est peut-être par celui-là qu’il faut entrer chez Beck. Et si vous connaissez Sea Change par coeur, préparez-vous à retrouver un vieil ami.
Crédit photo : Capitol Records





