Culture

Beck revient après sept ans de silence avec Ride Lonesome, et c’est le disque le plus nu qu’il ait jamais osé

posted by Vincent 18 octobre 2026
Pochette de l'album Ride Lonesome de Beck : une silhouette assise dans une pièce en bois, un voile blanc gonflé par la lumière

Sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu attendre entre deux albums de Beck, la plus longue pause de sa carrière. Autant dire qu’on l’espérait sans trop y croire. Et puis voilà Ride Lonesome, son quinzième album studio, qui arrive sans tapage et vous cueille là où on ne l’attendait pas.

Celles et ceux qui connaissent Beck par ses tubes dansants, ses collages pop déglingués et son ironie permanente risquent d’être déstabilisés. Ici, pas de clins d’œil, pas de refrains à reprendre en chœur. On est du côté de Sea Change et de Morning Phase, ces deux disques mélancoliques qui restent ses sommets pour beaucoup. Beck ferme d’ailleurs une sorte de trilogie du chagrin, et ce n’est pas un hasard : sa séparation après presque vingt ans de mariage traverse chaque chanson.

Le résultat, c’est une douzaine de titres d’une douceur presque douloureuse. Des guitares qui effleurent, des cordes, des bois, une pedal steel qui pleure en arrière-plan. Aux manettes, on retrouve Nigel Godrich, le producteur de Radiohead, qui enveloppe tout ça d’un grain feutré, comme une pièce dont on aurait tiré les rideaux. Beck a rappelé les mêmes musiciens que sur ses albums précédents, et ça s’entend : il y a une familiarité, une évidence dans le jeu collectif.

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Les singles donnent le ton. In the Night avance à pas feutrés, Disappearing Act joue des guitares qui s’effacent, et la chanson-titre pose d’emblée cette solitude que le disque n’essaie jamais de maquiller. On finit sur Beyond the Light, qui laisse une petite lueur à la sortie du tunnel. La presse anglo-saxonne a sorti les grands mots, Rolling Stone parlant d’un sommet triste et magnifique, le NME d’une méditation à tomber sur le chagrin.

Alors oui, il faut être dans le bon état d’esprit. Un titre comme Bleed tourne un peu en rond, et l’ensemble demande qu’on s’assoie, qu’on écoute vraiment, sans bruit autour. Ce n’est pas le Beck qu’on met pour animer une soirée.

Mais si vous avez envie d’un disque qui ne cherche pas à vous distraire, qui dit les choses simplement et vous accompagne un soir d’automne, celui-là est fait pour ça. Beck n’a jamais paru aussi peu déguisé. Et c’est précisément ce qui le rend bouleversant.

Crédit photo : Capitol Records

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