Culture

Muse s’inspire d’un signal radio jamais expliqué de 1977, et signe son meilleur album depuis vingt ans

posted by Vincent 15 juillet 2026
Pochette de l'album The WOW! Signal de Muse : la forme d'onde du signal radio de 1977 flottant dans l'espace devant Europe, lune de Jupiter

Le 15 août 1977, un radiotélescope de l’Ohio surnommé Big Ear capte une bouffée de signal de 72 secondes venue tout droit du Sagittaire. L’astronome Jerry Ehman est tellement soufflé qu’il entoure la donnée au feutre rouge et griffonne « Wow! » dans la marge. On n’a jamais rien réentendu depuis, ni su ce que c’était. Presque cinquante ans plus tard, Matt Bellamy en a fait un album.

The WOW! Signal, sorti fin juin, c’est le dixième disque de Muse, et franchement, c’est une bonne surprise. Le groupe britannique traîne depuis quelques années une réputation de mastodonte un peu boursouflé, à empiler les couches d’orchestre et les concepts dystopiques jusqu’à l’indigestion. Là, ils ont resserré. Dix titres, un producteur qui remet de la clarté, Dan Lancaster, et cette obsession spatiale que Bellamy cultive depuis Origin Of Symmetry en 2001.

Ce qui frappe, c’est le retour aux racines. Hexagons est une de ces grandes épopées existentielles dont Muse a le secret, le genre de morceau qui vous cueille au refrain. The Dark Forest se présente carrément comme une prequel de Knights Of Cydonia, leur classique de 2006, et les fans vont adorer le clin d’œil. Space Debris renoue avec la guitare acoustique des débuts. Il y a même du Prince et du Metallica qui se télescopent, sans que ça parte en vrille.

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L’album a été écrit après la séparation de Bellamy d’avec Elle Evans, et ça s’entend. Derrière la science-fiction et les théories du complot intergalactiques, il y a quelqu’un qui lance un signal dans le vide en espérant qu’on lui réponde. C’est ce qui rend le disque touchant, au-delà de la débauche sonore.

Tout n’est pas parfait. Nightshift Superstar tente un disco-funk qui tombe un peu à plat, et Be With You, en électro-pop, sonne comme un remplissage. Hush, avec Ellie Goulding, surprend par contre : on attendait la ballade sucrée, c’est un truc électro-rock nettement plus menaçant.

La presse anglaise parle de leur meilleur album depuis Black Holes & Revelations, soit vingt ans. Je ne suis pas sûr d’aller jusque-là, mais c’est le plus cohérent et le plus tenu qu’ils aient produit depuis longtemps. Si vous aviez lâché Muse en route, fatigué par les grandes machines, c’est le moment de revenir. Et puis un groupe qui bâtit un disque entier sur un signal radio qu’on n’a jamais réussi à expliquer, ça a quand même de la gueule.

Crédit photo : Muse

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