Culture

Un gamin du Gujarat tombe amoureux du cinéma, et Pan Nalin en tire une lettre d’amour qui vous cueille

posted by Vincent 15 juillet 2026
Affiche officielle du film La Dernière séance de Pan Nalin, sortie le 15 juillet 2026

Il y a des films qu’on redoute un peu avant d’y entrer, parce qu’on nous les vend comme « le nouveau Cinema Paradiso » et que la comparaison écrase tout d’avance. La Dernière séance, sorti ce 15 juillet, fait partie de ceux-là. Sauf que voilà, il tient la promesse. Ou presque.

L’histoire, c’est celle de Samay, neuf ans, dans un village reculé du Gujarat en 2010. Son père l’emmène une fois au cinéma, à contrecœur, et le gamin ne s’en remet pas. Il sèche l’école, grimpe dans la cabine de projection et se lie d’amitié avec le projectionniste. Le deal est tout bête. Samay lui apporte chaque jour les plats cuisinés par sa mère, et en échange il peut regarder les films depuis la petite lucarne, allongé dans le halo du 35 mm.

Pan Nalin ne raconte pas une histoire inventée. C’est la sienne. Il a grandi dans ces campagnes-là, et ce quatrième long-métrage est une autofiction assumée, dédiée aux frères Lumière, à Eisenstein, à Kubrick. On sent à chaque plan qu’il filme un souvenir, pas un scénario.

Ce qui frappe d’abord, c’est la lumière. Le chef opérateur Swapnil S. Sonawane transforme la poussière, les rails de train et les gamelles fumantes en tableaux. Les scènes où la mère cuisine sont d’ailleurs à ne pas regarder le ventre vide, un festival de couleurs et de vapeurs. Et puis il y a Bhavin Rabari, le petit acteur dont c’était le tout premier tournage, qui crève l’écran avec une espièglerie qui porte tout le film.

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Le film de Pan Nalin marche dans les pas d’un chef-d’oeuvre : le classique de Tornatore, à (re)voir absolument.

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Le vrai sujet, c’est la fin d’un monde. On est en 2010, le 35 mm agonise, les bobines partent à la fonte et le numérique débarque. Nalin filme cette bascule sans pleurnicher, mais on comprend qu’une magie s’éteint.

Alors oui, la dernière partie force un peu sur l’émotion, et certains trouveront le tout un poil trop sucré. C’est le risque du genre. Mais le film a récolté 27 prix à travers le monde, une shortlist aux Oscars en 2023, et Tornatore en personne, en le découvrant, n’a pas boudé son plaisir.

Si vous aimez le cinéma pour ce qu’il fait aux enfants qu’on a été, foncez. C’est doux, c’est beau, et ça vous rappelle pourquoi vous poussez encore la porte d’une salle obscure.

Crédit photo : AlloCiné

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