
Sept ans sans album, chez Beck, ça commence à faire long. Depuis Hyperspace en 2019, l’homme s’était fait discret, et le voilà qui ressurgit le 18 septembre chez Capitol avec Ride Lonesome, son quinzième disque. Le geste n’a rien d’anodin.
Ce qui saute aux oreilles dès les premiers extraits, c’est le virage. Fini les productions pop clinquantes de ses deux derniers albums. Beck revient au bois, aux cordes en nylon, aux guitares acoustiques et aux orchestrations feutrées qui avaient fait la beauté de Sea Change en 2002 et de Morning Phase en 2014. Et pour ça, il n’a pas fait les choses à moitié. Il a rappelé la vieille bande, Smokey Hormel, Joey Waronker, Justin Meldal-Johnsen, Roger Manning Jr. et Jason Falkner, les mêmes musiciens qui l’accompagnaient sur Mutations et sur ses grands disques mélancoliques. Nigel Godrich, fidèle entre les fidèles, s’est chargé du mixage.
Le premier extrait, Ride Lonesome, est sorti en avril. Une ballade nue, portée par une guitare et beaucoup d’introspection, que la critique a rapprochée sans hésiter de ses plus belles pages. Il en a même livré une version en duo avec la chanteuse américaine Sierra Ferrell, plus country, très réussie. Puis est venu In the Night en juillet, avec un clip où l’on croise l’acteur français Denis Lavant, et Disappearing Act en août. Trois cartes posées sur la table avant le disque complet, douze titres enregistrés aux United Studios de Hollywood.
En attendant le disque du 18 septembre, on peut replonger dans Sea Change, le sommet mélancolique auquel tout le monde compare déjà ce retour.
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Ce qui me plaît dans cette histoire, c’est le refus du grand geste. Beck aurait pu revenir avec un truc tape-à-l’oeil, une réinvention de plus. Il choisit au contraire de retrouver un lieu, des gens, une façon de faire, tout en jurant y avoir déniché de nouvelles textures. Sur le papier, on redoute la resucée nostalgique. À l’écoute des singles, on entend plutôt un type qui n’a plus rien à prouver et qui joue exactement la musique dont il a envie.
Faut-il l’attendre ? Si vous avez usé Sea Change les soirs de déprime, oui, sans hésiter. Si vous aimiez surtout le Beck déjanté d’Odelay et de ses collages loufoques, vous risquez de trouver le tout un peu sage. Moi je prends. Il repart d’ailleurs en tournée américaine dès ce mois-ci, plus de vingt-six dates, en espérant qu’un crochet par l’Europe suive.
Crédit photo : Capitol Records





