
Un opéra écrit en 1762 transformé en film de rentrée, avec Vincent Cassel en passeur des Enfers et Fanny Ardant en souveraine du royaume des morts. Sur le papier, ça ressemble à un pari perdu d’avance. The Opera! est pourtant arrivé dans les salles françaises le 2 septembre, et c’est le genre d’objet qu’on n’avait pas vu venir.
Le point de départ, c’est Orfeo ed Euridice, de Gluck. Un titre que la plupart d’entre nous n’ont jamais cité, mais dont l’air le plus célèbre traîne dans la mémoire collective sans qu’on sache d’où il sort. L’histoire, elle, est vieille comme le monde : deux amoureux sur le point de se marier, un coup de feu qui emporte la jeune femme, et Orphée qui refuse d’en rester là.
Les deux réalisateurs, Davide Livermore (un homme de scène, rompu aux grandes maisons d’opéra) et Paolo Gep Cucco, déplacent toute l’affaire dans un palace inquiétant, le Grand Hades Hotel. Version chic et vénéneuse du séjour des morts, avec ses figures mythologiques recasées en personnel de l’établissement.
C’est là que le casting devient réjouissant. Cassel joue Charon, celui qui fait passer les âmes. Ardant campe Proserpine. Erwin Schrott, vraie basse d’opéra, incarne Pluton, Rossy de Palma une Parque, et Caterina Murino la concierge. Quant à Orphée et Eurydice, ils sont confiés à de vrais chanteurs lyriques, Valentino Buzza et Mariam Battistelli.
Envie d’entendre l’opera de Gluck dont le film s’inspire ? Cette version d’Orfeo ed Euridice fait tres bien le job.
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Là est l’idée maligne du film : les stars ne chantent pas, elles jouent, et le chant revient à ceux dont c’est le métier. Le tout mélange décors bien réels, environnements virtuels et chorégraphie, dans un grand écart permanent entre le kitsch assumé et le vrai spectacle.
Alors oui, ça peut virer à la surcharge. Ce genre de proposition, on l’aime ou on la trouve indigeste, il n’y a pas vraiment de milieu. Mais l’ambition est belle : faire entrer par la porte du cinéma des gens qui n’oseront jamais pousser celle de l’Opéra Garnier. L’avant-première aux Folies Bergère, le 31 août, disait déjà tout du côté grand barnum de l’entreprise.
Pour qui, du coup ? Pour les curieux, ceux que le mot opéra intimide sans les rebuter. Si le chant lyrique vous hérisse le poil, passez votre chemin. Sinon, foncez le voir sur grand écran, c’est fait pour ça.
Crédit photo : Sortir a Paris





