Culture

Phoebe Bridgers refait surface après six ans avec Lost Weekend, un disque de deuil que la critique porte déjà aux nues

posted by Vincent 31 août 2026
Pochette de l'album Lost Weekend de Phoebe Bridgers

Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu attendre depuis Punisher pour retrouver Phoebe Bridgers en solo. Entre-temps, la Californienne est devenue une star mondiale avec le trio Boygenius, elle a rompu ses fiançailles avec l’acteur Paul Mescal, et surtout elle a perdu son père, Tony, fin 2022. Ce troisième album, sorti le 14 août chez Dead Oceans, ramasse tout ça et lui est dédié.

Lost Weekend, donc, seize titres et une petite cinquantaine de minutes qui parlent de chagrin, d’amour cabossé et de ce curieux vertige qu’est la célébrité quand elle vous tombe dessus trop vite. On pourrait craindre le disque plombant, la longue plainte introspective. C’est tout l’inverse. Bridgers a convoqué un aréopage de complices pour l’aider à ne jamais s’enfoncer : Ethan Gruska et Tony Berg, ses producteurs de toujours, mais aussi Jack Antonoff et Alex G, qui poussent l’ensemble vers des territoires bien plus électroniques qu’avant. Il y a de l’ambient, des nappes qui flottent, une texture presque cotonneuse là où on l’attendait à la guitare sèche.

Ses camarades de Boygenius, Lucy Dacus et Julien Baker, passent faire les chœurs. Bo Burnham, Maya Hawke et Cameron Winter aussi. Autant dire que le carnet d’adresses tourne à plein régime, sauf que rien ne sonne comme un défilé de guests. Tout reste au service des chansons.

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Le premier single, Lost Boys, avait donné le ton fin juin : mélancolique mais mélodique, sombre sans être poisseux. Et c’est peut-être là le tour de force du disque. Chanter la mort d’un père, une rupture publique et le malaise de la gloire, tout en gardant une forme de grâce légère, ça tient de l’équilibriste.

La presse anglo-saxonne s’est emballée. Un 91 sur 100 de moyenne, ce qui, pour un troisième album très attendu, aurait pu virer à la déception polie. Là, c’est l’unanimité ou presque, on salue l’écriture et l’audace de la production.

Pour prolonger l’affaire, Bridgers a lancé au printemps des concerts surprises sans téléphone, une idée un peu radicale qui se poursuivra sur sa tournée d’automne, entièrement déconnectée elle aussi. Ceux qui l’aiment depuis Stranger in the Alps y retrouveront sa voix fêlée et ses textes au scalpel. Les autres tiennent là une belle porte d’entrée. Un disque triste qui fait du bien, ça ne court pas les rues.

Crédit photo : Dead Oceans

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