
C’est peut-être la plus belle surprise de l’été côté salles obscures. Depuis mercredi, Evil Dead Burn est à l’affiche, et derrière la caméra il y a un nom qu’on n’attendait pas forcément sur une franchise américaine aussi culte : Sébastien Vaniček. Le réalisateur français révélé par Vermines, ce petit bijou d’angoisse à base d’araignées dans une cité, a convaincu Sam Raimi et Rob Tapert de lui confier les clés de leur maison hantée. Bruce Campbell lui-même figure au générique côté production. Autant dire que la pression était réelle.
Le pari est gagné. Alice, incarnée par Souheila Yacoub, vient d’enterrer son mari, mort dans un accident de voiture. Pour un dernier hommage, elle se retrouve coincée dans la baraque isolée de sa belle-famille. Sauf que voilà, un mal ancien s’invite à la veillée et possède les habitants un par un, les changeant en démons hurlants. Le canevas est classique, on connaît la musique depuis 1981. La vraie trouvaille de Vaniček, c’est d’utiliser cette possession comme un révélateur : ce sont les secrets de famille, les rancœurs et les mensonges domestiques que la chose fait remonter à la surface. On rit jaune, parce que ça parle un peu de nous tous.
Et puis il y a le sang. Beaucoup de sang. Vaniček assume l’héritage gore de la saga avec une gourmandise communicative, effets pratiques à l’ancienne, textures poisseuses, séquences qui vous collent au fauteuil. La presse parle déjà du film d’horreur le plus généreusement dégueulasse de l’année, et pour une fois ce n’est pas de la survente. Souheila Yacoub, elle, tient tout le film sur ses épaules avec une vulnérabilité qui rend la survie crédible, loin de la simple final girl de service.
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Tout n’est pas parfait. Quelques flashbacks explicatifs alourdissent un peu la mécanique, certaines scènes de torture sentent le déjà-vu, et le dernier acte revient sagement sur les rails balisés du genre. Rien de rédhibitoire quand le reste tabasse à ce point.
En 1h49 chrono, sans temps mort, c’est exactement ce qu’on attend d’un bon film d’horreur d’été : efficace, drôle par instants, franchement éprouvant. Si le gore vous fait fuir, passez votre chemin sans hésiter. Pour les autres, foncez, de préférence en salle et le ventre pas trop plein.
Crédit photo : AlloCiné





