
À 84 ans, on aurait pardonné à Paul McCartney de se contenter de remplir des stades en jouant Hey Jude. Il a choisi autre chose. The Boys of Dungeon Lane, son vingtième album solo, est sorti le 29 mai dernier chez Capitol, et c’est tout sauf un disque de vieux monsieur qui se repose.
Quatorze chansons, quarante-sept minutes, et une vraie tenue. McCartney joue lui-même la plupart des instruments, comme à ses débuts en solo, quand il bricolait tout seul dans sa ferme. Il s’est associé à Andrew Watt, le producteur qui a déjà remis les Rolling Stones sur les rails. Les sessions remontent à 2021, ce qui explique sans doute cette impression de disque longuement mûri plutôt que jeté en pâture.
Le titre renvoie à son enfance à Liverpool, et toute la matière de l’album part de là. Souvenirs, regards en arrière, mélodies qui semblent venir de loin. On retrouve ce mélange typiquement McCartney entre le rock énergique de la période Wings, les harmonies qui rappellent les Beatles et ces petites ballades intimes qu’il signe les yeux fermés.
Le single Days We Left Behind donne le ton, avec cette nostalgie qui ne tombe jamais dans la mièvrerie. Et puis il y a Home to Us, un duo avec Ringo Starr. Les deux derniers Beatles encore en vie qui chantent ensemble en 2026, forcément, ça remue. Chrissie Hynde et Sharleen Spiteri, la chanteuse de Texas, passent aussi faire un tour, sans jamais voler la vedette.
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La critique a suivi. L’album affiche 85 sur Metacritic, ce qui pour un disque sorti après cinquante ans de carrière relève presque du miracle. Plusieurs voix parlent du meilleur McCartney depuis longtemps, et pour une fois ce n’est pas de la politesse polie qu’on réserve aux légendes.
Alors évidemment, on n’est pas chez le jeune homme de 1970. La voix a pris quelques rides, certains morceaux auraient pu sauter sans qu’on s’en plaigne. Mais l’ensemble respire une liberté désarmante, celle d’un type qui n’a plus rien à prouver et qui écrit quand même comme si sa vie en dépendait.
Pour qui ? Pour les amoureux des Beatles, bien sûr, mais aussi pour tous ceux que la pop bien fichue rend heureux. À mettre dans la voiture cet été. Vous verrez, ça vieillit bien, comme son auteur.
Crédit photo : Paul McCartney / Capitol Records





