Culture

Un Français reprend Evil Dead, et il préfère la boue au respect

posted by Vincent 29 juillet 2026
Affiche officielle du film Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček, avec Souheila Yacoub

Sébastien Vaniček n’était personne à Hollywood il y a trois ans. En 2023, il sort Vermines, un film d’horreur à petit budget où un immeuble de banlieue se fait envahir par des araignées. Sam Raimi voit ça, et lui confie les clés d’Evil Dead, la saga qu’il a lui-même créée en 1981. Le résultat, Evil Dead Burn, est arrivé dans nos salles au début du mois.

C’est le sixième film de la franchise, et une suite directe d’Evil Dead Rise. L’histoire tient sur un ticket de métro : une jeune veuve, Alice, vient chercher un peu de réconfort chez ses beaux-parents. La réunion de famille vire au cauchemar quand tout le monde se transforme en Deadite, ces créatures possédées qui font la marque de fabrique de la série depuis quarante ans.

Devant la caméra, une bonne surprise : Souheila Yacoub, qu’on a vue récemment dans Dune 2, porte le film sur ses épaules. Bruce Campbell, la légende de la saga, passe faire coucou le temps de deux photos. Budget de 20 millions de dollars, 65 récoltés dans le monde : ce n’est pas un carton, mais c’est rentable, ce qui suffira sans doute à lancer une suite.

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Alors, ça vaut le déplacement ? Oui et non. Vaniček a du métier, et ça se voit. Il y a un plan-séquence en milieu de film et une scène de bagarre dans une pièce qui bascule sur elle-même, clin d’œil assumé à Evil Dead 2. Il ne filme pas la saga à genoux : il y met de la boue, de la cendre, du sang, il préfère la matière à la citation respectueuse. C’est physique, ça ne s’arrête jamais.

Sauf que voilà, à force de vouloir en mettre toujours plus, le gore finit par tourner à vide. On accumule tellement d’hémoglobine qu’on ne sursaute plus. La presse a mis 3,6 sur 5, les spectateurs pareil, 71 % sur Rotten Tomatoes : tout le monde s’accorde à dire que c’est efficace, dynamique, bien fichu… et pas vraiment effrayant.

Pour moi, c’est un bon divertissement de genre, à réserver aux estomacs solides et aux amateurs de la franchise. Si vous cherchez la trouille pure, celle qui vous empêche de dormir, passez votre chemin. Mais si vous aimez quand un réalisateur s’amuse avec les codes sans les vénérer, Vaniček a clairement de l’avenir.

Crédit photo : AlloCiné

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