
On l’avait un peu perdue de vue. Depuis Myopia en 2020, Agnès Obel n’avait plus rien sorti, et six ans sans nouvelles, pour une artiste aussi rare, ça commence à faire long. La voilà de retour ce 18 septembre avec The Meaning of Flowers, son sixième album, publié chez Deutsche Grammophon. Autant vous le dire tout de suite : c’est le genre de rentrée discrète qui compte plus que beaucoup de sorties tapageuses.
Pour ceux qui la connaissent mal, Agnès Obel est une Danoise installée à Berlin, révélée en 2010 par Philharmonics et ce piano cristallin devenu sa signature. Voix suspendue, atmosphères feutrées, une musique qu’on range faute de mieux du côté du néoclassique. Elle a toujours travaillé seule, et cet album ne fait pas exception : elle a tout écrit, enregistré, arrangé et produit dans son studio berlinois. Voix, piano, claviers, synthés, samples, c’est elle du début à la fin. Douze titres, dont un premier extrait, Laymelli, qui donne le ton.
Ce qui change, cette fois, c’est ce qui a nourri le disque. Obel est devenue mère, et l’album part de là. Elle y parle de naissance, de métamorphose, d’un lien plus intense au vivant. Elle raconte même que la maternité a temporairement modifié la façon dont son cerveau fonctionnait, et que ça a déplacé sa manière de composer. Elle convoque au passage Hannah Arendt et son idée de natalité, cette capacité proprement humaine à recommencer. Sur le papier ça pourrait sembler intello, sauf que chez elle ce genre de matière se dissout dans la musique plutôt que de l’écraser.
En attendant le nouvel album, son précédent disque reste une belle porte d’entrée dans son univers.
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Le titre, d’ailleurs, dit bien le programme. Le langage des fleurs, cette vieille idée qu’une plante peut porter un message, colle parfaitement à une musicienne qui a toujours préféré suggérer que marteler. On retrouve des morceaux aux noms qui donnent envie, Blood so Red, No Such Thing as Silence, Faustian Deal en clôture.
Faut-il se précipiter ? Si vous n’avez jamais accroché à sa pudeur un peu solennelle, ce disque ne vous convertira sans doute pas. Mais pour tous ceux qui ont usé Aventine ou Citizen of Glass, c’est clairement l’un des retours les plus attendus de l’automne. À écouter au calme, un soir, sans rien faire d’autre. C’est comme ça qu’elle s’apprécie le mieux.
Crédit photo : Deutsche Grammophon





