
Il avait disparu de la circulation, ou presque. Depuis Gemini Rights en 2022 et son tube Bad Habit, numéro un aux États-Unis et devenu un phénomène planétaire à coups de vidéos virales, Steve Lacy s’était fait discret. Le voilà de retour avec Oh yeah?, son troisième album, sorti le 17 juillet. Dix titres, écrits et produits par lui seul, ce garçon de vingt-huit ans qui joue de la guitare, chante et bricole ses arrangements tout seul depuis l’adolescence.
Quatre ans de travail, une partie enregistrée à Paris, et une phrase qui résume assez bien l’esprit du disque : Lacy dit avoir fait un album pour les gamins à guitare qui aiment les synthés, et les gamins à synthés qui aiment la guitare. En clair, il continue de brouiller les frontières entre le son analogique un peu crade qu’on lui connaît et des textures électroniques plus léchées. C’est du R&B, mais un R&B qui part dans tous les sens, entre soul, pop expérimentale et rock de chambre.
Le casting d’invités ne fait pas semblant. SZA débarque sur Is It Cool?, Erykah Badu pose sa voix sur Pure Colour, et Cecile Believe accompagne Lovesexdrugbomb. Rien que ça. Trois featurings, mais bien choisis, sans cet effet catalogue qui plombe tant d’albums surpeuplés aujourd’hui.
Envie de remonter le fil ? L’album qui contenait Bad Habit reste une excellente porte d’entree.
Gemini Rights – Steve Lacy → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Ce qui change vraiment cette fois, c’est l’écriture. Lacy raconte une période où il se sentait plus à sa place ailleurs que chez lui, et ça s’entend : les textes prennent le pas sur les vibes, là où ses disques précédents misaient d’abord sur l’ambiance et le groove. La presse a suivi. Pitchfork, NME et compagnie l’ont couvert d’éloges, avec cette idée qu’il s’installe pour de bon comme l’une des voix pop les plus intéressantes de sa génération.
Alors bien sûr, tout le monde n’est pas d’accord. Quelques voix trouvent que ce disque sonne un peu trop pensé, trop calculé, comme si le naturel des débuts avait laissé place à un exercice de style. On peut l’entendre. Mais franchement, à la première écoute, difficile de ne pas se laisser embarquer par ce joyeux bazar où une chanson douce peut basculer en deux mesures vers quelque chose de bien plus tordu.
Si vous aviez décroché après Bad Habit, c’est peut-être le moment de recoller. Et si vous n’aviez jamais accroché, celui-ci pourrait bien vous faire changer d’avis.
Crédit photo : Steve Lacy / RCA Records





