
Michel Bussi a une manie, et c’est devenu sa signature : prendre une légende que tout le monde croit connaître par cœur, puis y planquer un secret que personne n’avait vu venir. Il l’avait fait avec le mythe Saint-Exupéry dans Code 612. Cette fois, il s’attaque à plus gros encore. Les Beatles.
Code Yesterday, sous-titré le secret le mieux gardé du rock’n’roll, est sorti le 3 septembre chez Presses de la Cité. C’est son vingt-deuxième roman, et il faut rappeler qu’on parle de l’auteur le plus lu de France, avec plus de huit millions d’exemplaires écoulés. Autant dire que le bonhomme sait tenir un lecteur en haleine.
Le point de départ est délicieusement simple. Lonely McKenzie, jeune musicienne de Liverpool, tombe sur une partition manuscrite oubliée dans la maison de ses grands-parents, sur Penny Lane. Oui, cette Penny Lane-là, celle de la chanson. Et si ce bout de papier jauni était le tout premier tube des Fab Four, celui qui pourrait réécrire l’histoire du groupe le plus mythique du rock ?
En parallèle avance Smoky Slug, un journaliste rock aussi cynique que misogyne, lancé sur une série de morts suspectes qui rôdent autour de la légende. Deux fils, une même obsession : et si tout ce qu’on nous a raconté sur John, Paul, George et Ringo cachait autre chose.
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Sur le papier, le pari est casse-gueule. Toucher aux Beatles, c’est marcher sur un terrain miné, où le moindre faux pas passe pour un sacrilège. Bussi le sait, et il assume. Il ne cherche pas la vérité historique, il joue avec le mythe, avec nos souvenirs, avec cette impression qu’on a tous de connaître ces chansons mieux que nos propres histoires de famille.
Ceux qui aiment les intrigues millimétrées de Bussi, ses fausses pistes et ses retournements de dernière page, retrouveront leurs marques. Les puristes du groupe risquent parfois de tiquer devant les libertés prises, forcément. Mais bon, c’est un roman, pas une biographie, et c’est justement là qu’il devient jubilatoire.
Pour un dimanche pluvieux avec un vieux vinyle qui tourne en fond, c’est franchement le genre de bouquin qu’on dévore sans voir le temps passer. On ressort avec une envie bête et irrésistible : réécouter tout Abbey Road, en cherchant le secret entre les lignes.
Crédit photo : Presses de la Cité





