
On croyait le groupe belge rangé au rayon des jolis souvenirs des années 2000. Erreur. Girls in Hawaii sort Eldorado le 25 septembre, son cinquième album, le premier sur le label Capitane Records, et le premier depuis Nocturne en 2017. Neuf ans d’attente, donc.
Pour situer, si le nom ne vous dit plus grand-chose : c’est ce groupe de Bruxelles formé en 2001 autour des frères Antoine et Denis Wielemans, celui de Plan Your Escape en 2008 et d’Everest en 2013, une pop mélancolique et lumineuse qui a beaucoup tourné sur les radios françaises à l’époque.
Le groupe traîne aussi un deuil qui a failli tout arrêter. En mai 2010, Denis Wielemans, le batteur, meurt à 28 ans dans un accident de voiture sur le ring de Bruxelles. Il faudra trois ans, un nouveau batteur, Boris Gronemberger, et l’album Everest pour que la machine reparte. Cette histoire plane forcément sur tout ce qu’ils font depuis.
Eldorado, ce sont onze titres qui racontent la poursuite d’un idéal qu’on n’atteint jamais, secouée par le doute et la fragilité qu’on porte tous. Sur le papier, ça sent le disque plombant. Dans les faits, c’est bien plus nerveux que prévu.
En attendant Eldorado, Nocturne (2017) reste une belle porte d’entree pour se remettre dans le bain.
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Le morceau qui donne son nom à l’album pioche franchement dans le rock alternatif des années 90, mais avec une légèreté presque psychédélique, loin du spleen appliqué qu’on pouvait craindre. Des titres comme Not Your Fault ou Life is So Fucked Up gardent cette mélodie immédiate qui a toujours été leur marque de fabrique. C’est de la pop qui pétille sans se noyer dans la nostalgie.
Faut être honnête, neuf ans de silence, c’est le genre de pari qui peut se retourner contre un groupe. Le public a changé, les modes aussi. Sauf que Girls in Hawaii n’a jamais vraiment couru après les modes, et c’est peut-être ce qui les sauve. On retombe sur une écriture pudique, des refrains qui accrochent sans forcer, une manière de parler de la perte et de l’amitié sans jamais verser dans le pathos.
Pour qui ? Pour celles et ceux qui les ont aimés il y a quinze ans et qui veulent voir s’ils ont vieilli avec grâce. La réponse est oui. Et pour les curieux, Eldorado est une porte d’entrée aussi bonne qu’une autre. Ils repassent d’ailleurs par la scène, avec deux dates à l’Ancienne Belgique en décembre.
Crédit photo : Girls in Hawaii / Capitane Records





