
Vingt-cinq ans. C’est le temps qui sépare En l’absence des hommes, paru en 2001, de ce nouveau livre où Philippe Besson décide de regarder en arrière. Pas vers l’écrivain qu’il est devenu, mais vers le gamin de province qui ne l’était pas encore, celui qui rêvait d’autre chose sans trop oser le nommer.
Le principe tient en une idée simple. Avant la première phrase du premier livre, il y a tout le reste. Une enfance rurale plutôt protégée, une adolescence rêveuse et un peu cabossée, puis l’arrivée à Paris comme une porte qui s’ouvre enfin. Besson remonte les années 1970, 80 et 90, et il accroche son histoire intime aux grands repères de l’époque. Les dernières nuits du disco, la chute du communisme, les années fric, et par-dessus tout ça les ravages du sida sur une génération entière.
C’est ce qui donne au texte sa vraie ampleur. On croit ouvrir une autobiographie, on tombe sur une sorte de portrait collectif, celui de tous ceux qui avaient vingt ans à ce moment-là. Julliard a lancé le titre le 3 septembre avec un tirage de 40 000 exemplaires, 239 pages à 21 euros, et il faut noter que Besson signe là son deuxième livre en quelques mois seulement.
Le roman dont on parle ici est deja en librairie, et si l’envie vous prend de le lire, le voici :
La premiere phrase du premier livre – Philippe Besson → voir sur Amazon
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Ce rythme, justement, agace une partie de la critique. Certains lecteurs trouvent le procédé un peu automatique, avec des phrases toutes faites, des effets de nostalgie appuyés et une émotion qui joue parfois trop fort. Le reproche n’est pas idiot. Besson a un style qui fonctionne au sentiment, et quand ça déborde, ça vire vite au mélodrame.
Sauf que voilà, c’est aussi ce qu’on vient chercher chez lui. Sa force, depuis Arrête avec tes mensonges, c’est cette capacité à transformer une émotion banale en quelque chose qui vous prend à la gorge. La mécanique est connue, mais elle marche encore sur les lecteurs qui aiment sa musique.
Alors pour qui c’est ? Pour celles et ceux qui ont déjà été touchés par Besson, et qui accepteront de le suivre dans ce retour aux sources. Les autres, ceux que son romantisme un peu appuyé laisse froids, ne changeront sans doute pas d’avis avec ce livre. C’est un beau texte sur la fabrique d’un écrivain, à condition d’accepter sa part de nostalgie assumée. Moi, je le range du bon côté.
Crédit photo : Julliard





