Culture

Cent ans après sa mort, Monet revient à l’Orangerie pour une exposition qui parle surtout du temps qui passe

posted by Vincent 12 septembre 2026
Le bassin aux nymphéas, tableau de Claude Monet

Claude Monet est mort en décembre 1926. Un siècle plus tard, le musée de l’Orangerie lui consacre « Monet. Peindre le temps », du 30 septembre 2026 au 29 mars 2027, et l’endroit n’a rien d’anodin. C’est là, dans les deux salles ovales voulues par le peintre lui-même, que sont installés les Nymphéas depuis 1927. On ne visite pas cette expo n’importe où, donc, mais dans le lieu que Monet avait pensé comme une chambre de contemplation.

L’angle n’est pas biographique pour deux sous. Le sujet, c’est le rapport du peintre au temps. L’instant qu’on saisit, la durée qui s’étire, la lumière qui change entre deux coups de pinceau. Une quarantaine d’œuvres seulement, prêtées surtout par le musée d’Orsay et le musée Marmottan Monet, complétées par quelques emprunts à des institutions françaises et étrangères. C’est resserré, et c’est tant mieux.

Le fil conducteur, ce sont les fameuses séries de la fin des années 1880 et des années 1890. Les Meules, les Peupliers, la cathédrale de Rouen peinte encore et encore selon l’heure et la saison. Monet ne cherchait pas le monument, il cherchait la minute exacte où la pierre vire à l’orange. Tout ça mène droit aux Nymphéas, aboutissement d’une vie passée à courir après quelque chose d’aussi fuyant qu’un reflet sur l’eau.

Les Nymphéas de Claude Monet (éd. Musée de l'Orangerie)

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L’Orangerie ajoute un contrepoint contemporain avec l’artiste Vija Celmins, dont le travail obsessionnel sur les surfaces d’eau et le ciel dialogue étonnamment bien avec le vieux maître. Il y a aussi une expérience en réalité virtuelle, « Monet – Flowing Water », une vingtaine de minutes qui vous emmène d’Argenteuil à Giverny. Comptez 12,50 euros l’entrée, 10 en tarif réduit.

Le musée d’Orsay embraye en parallèle avec un parcours d’une trentaine de tableaux et leurs restaurations récentes, une intervention de Jenny Holzer et une lecture de la correspondance de Monet par la Comédie-Française. En 2027 suivront une expo sur l’installation même des Nymphéas, une soirée signée Wajdi Mouawad et une création chorégraphique de Sharon Eyal.

Faut-il y aller ? Franchement oui, quand même. Monet, on croit tous le connaître par cœur à force de mugs et de calendriers. Sauf que voir les séries alignées, dans le silence de ces salles, ça remet les pendules à l’heure. Bref, un des rendez-vous à ne pas manquer de la saison.

Crédit photo : Claude Monet (domaine public, via Wikimedia Commons)

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