
Il y a un homme qui a réussi à photographier Paris vu d’un ballon et Paris vu du fond des Catacombes, à quelques années d’écart, avec le matériel bricolé du milieu du XIXe siècle. Cet homme s’appelait Félix Tournachon, mais tout le monde le connaît sous le nom de Nadar. Les Catacombes lui consacrent une exposition à partir du 29 septembre, et jusqu’au 31 janvier 2027.
L’endroit n’est pas choisi au hasard. C’est ici même, en 1862, que Nadar a réalisé les premières photos souterraines de l’histoire, en trimballant un éclairage électrique dans les galeries d’ossements. Il fallait oser. À l’époque, on ne déclenchait pas un cliché en une fraction de seconde, il fallait des poses longues, une lumière stable, et Nadar avait justement déposé un brevet d’éclairage électrique en 1861 pour ça.
Quatre ans plus tôt, en 1858, il avait déjà breveté la photographie aérienne. Et en 1868, il montait carrément en ballon pour tirer les premières vues de Paris prises depuis le ciel. Des profondeurs au ciel, d’où le titre de l’expo. Le bonhomme couvrait littéralement la ville de haut en bas.
Le meilleur complément à l’expo reste Nadar lui-même : dans ses mémoires, il raconte ses premières photos en ballon et ses descentes sous Paris.
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L’exposition inaugure un nouvel espace, ouvert après cinq mois de travaux dans les Catacombes. On y verra une quinzaine de documents : des tirages de ces fameuses vues souterraines et aériennes, mais aussi des reproductions de brevets, des publicités, des dessins et des caricatures. Car Nadar était aussi caricaturiste, et son atelier du boulevard des Capucines a même abrité la toute première exposition des impressionnistes en 1874.
Attention quand même, une quinzaine de documents, ce n’est pas une rétrospective fleuve. Ne venez pas en imaginant des centaines de tirages. C’est un format resserré, presque une parenthèse, calé sur le Bicentenaire de la Photographie. Mais l’endroit fait tout le sel de la visite. Regarder les premières photos jamais prises sous terre, en étant soi-même sous terre, entouré par les mêmes ossements, ça crée un vertige que peu d’expositions peuvent offrir.
Pour qui c’est ? Pour les amateurs de photo, les curieux d’histoire de Paris, et tous ceux qui aiment quand un lieu et son sujet se répondent aussi bien. On paie déjà l’entrée des Catacombes de toute façon, donc autant tomber au bon moment.
Crédit photo : Paris Musées / Catacombes de Paris




