
Petal sort aujourd’hui, et c’est le premier vrai album d’Ariana Grande depuis deux ans. Deux ans passés surtout à jouer Glinda dans les deux Wicked, à enchaîner les tapis rouges et la promo mondiale d’un blockbuster. La musique perso, elle, était en pause. La voilà de retour.
Huitième album studio, douze titres, trente-six minutes à peine. Court, donc, ce qui tranche avec la mode des tracklists à rallonge pensées pour gonfler les chiffres de streaming. Elle produit le disque avec Ilya Salmanzadeh et Max Martin, les mêmes architectes suédois qui tiennent la pop grand public depuis quinze ans. Sur le papier, on croit savoir à quoi s’attendre.
Sauf que voilà, Grande annonce autre chose. Elle parle d’un album né d’une « rage non filtrée », et surtout elle dit avoir refusé de réécrire ses textes pour les adoucir. Le fil rouge, c’est la rupture, pas seulement amoureuse mais avec toutes les « attaches négatives » qu’on traîne. Le single « Hate That I Made You Love Me », sorti fin mai, a débarqué directement numéro un aux États-Unis comme au Royaume-Uni. Son dixième numéro un américain, quand même.
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Est-ce que ça tient sur la longueur ? Les premiers retours penchent du bon côté. La critique salue le côté expérimental de la production et la performance vocale, ce qui n’a jamais vraiment été le problème chez elle. Le bémol revient souvent au même endroit : des mélodies un peu retenues, moins immédiates que sur Eternal Sunshine en 2024. Comme si la colère avait pris le pas sur les refrains qui vous restent en tête dès la première écoute.
Perso, c’est justement ce qui m’intéresse. On a tellement l’habitude des albums pop calibrés au millimètre, testés et repolis jusqu’à devenir lisses, qu’un disque qui garde ses aspérités a quelque chose de rafraîchissant. Grande a le luxe de pouvoir se le permettre : elle sort d’un carton absolu au cinéma, personne ne va lui reprocher de prendre un virage.
Pour qui, du coup ? Si vous la suivez depuis Thank U, Next, vous serez en terrain connu tout en retrouvant une artiste qui a clairement grandi. Si le registre vous laisse froid, Petal ne vous convertira pas. Mais pour une fois qu’une star de ce calibre choisit la vérité plutôt que le tube facile, ça mérite qu’on tende l’oreille avant de juger.
Crédit photo : Republic Records





