
Il y a des titres qu’on croit intouchables. La Petite Maison dans la prairie en fait partie, quelque part entre le souvenir d’enfance et le rituel du dimanche soir. Alors forcément, quand Netflix annonce une nouvelle version, on serre un peu les dents.
Elle est là depuis le 9 juillet, huit épisodes, signés Rebecca Sonnenshine. Et la première bonne nouvelle, c’est qu’il ne s’agit pas d’un remake de la série des années 70, celle de Michael Landon qui a bercé la France il y a bientôt cinquante ans. Cette fois on repart des romans de Laura Ingalls Wilder, directement. La famille ne s’installe même pas à Walnut Grove, dans le Minnesota, mais au Kansas. De quoi dérouter ceux qui connaissent la carte par cœur.
Le ton, lui, a changé. Fini l’aquarelle un peu sucrée du souvenir : on est cette fois dans une conquête de l’Ouest plus rêche, plus documentée, avec la boue, la peur du lendemain et surtout la présence des Amérindiens, longtemps réduits à de la figuration. Des personnages comme Good Eagle ou White Sun existent enfin pour de vrai. C’est là que la série gagne le plus, en refusant de repeindre le XIXe siècle en carte postale.
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Côté casting, Alice Halsey reprend Laura, avec Luke Bracey en Charles et Crosby Fitzgerald en Caroline. On est loin des visages gravés dans la mémoire collective, et il faut quelques minutes pour lâcher la comparaison. Une fois passé ce cap, l’attachement revient, mine de rien. Les décors sont soignés, l’émotion sincère, jamais forcée.
Est-ce que ça remplace l’original ? Non, et ce n’est pas le but. Disons plutôt que les deux peuvent cohabiter : la version Landon pour la chaleur, celle-ci pour la vérité historique. Netflix a d’ailleurs déjà commandé une saison 2, attendue en 2027, ce qui en dit long sur la confiance de la maison.
Si vous avez grandi avec le générique au piano, préparez-vous à un petit choc, puis à un vrai plaisir. Et si vous n’avez jamais mis les pieds dans cette prairie, c’est peut-être le meilleur moment pour y entrer, sans le poids du souvenir. Huit épisodes, une famille, une frontière : parfois, les vieilles histoires n’ont besoin que d’un bon dépoussiérage.
Crédit photo : Netflix





