
Le point de départ tient en une image qui vous accroche tout de suite. Mattéo vient de perdre son père, ce père qui avait quitté la maison quand il était gamin pour refaire sa vie ailleurs. Et le problème, c’est qu’il ne ressent rien. Pas de chagrin, pas de colère, juste un grand vide. Sauf que chaque matin, un message énigmatique du disparu apparaît sur le miroir de la salle de bain, dans la maison de Saint-Jean-de-Luz qu’il faut bien vider.
Voilà le décor des « Adieux ne durent jamais », l’histoire complète que Jim et Laurent Bonneau ont sortie le 1er juillet chez Grand Angle. 328 pages d’un seul tenant, ce qui est costaud pour une BD, et un prix qui suit : 29,99 €.
Jim, on le connaît pour sa manière de fouiller les relations humaines sans jamais forcer le trait, façon « Une nuit à Rome ». Ici, il envoie trois amis trentenaires vider cette maison de bord de mer, et il fait ce qu’il sait faire de mieux : des dialogues vivants, souvent drôles, qui basculent sans prévenir vers quelque chose de plus grave. On s’interroge sans juger personne, ce qui est plus rare qu’on ne croit dans une histoire de deuil.
Du même duo Jim et Laurent Bonneau, « L’Étreinte » creuse le même registre intime et se lit d’une traite, si celle-ci vous a plu.
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Le vrai choc, c’est le dessin de Laurent Bonneau. Il laisse tomber l’encrage classique pour un crayon nerveux rehaussé de fusain, des cases panoramiques, une lumière saturée d’oranges et de jaunes qui sent l’été basque à plein nez. Des pages entières passent presque sans un mot, en mode très cinématographique, et l’émotion arrive par là, par le silence et le cadrage plus que par le texte.
Alors oui, le rythme est lent, franchement lent par moments, et si vous attendez un thriller avec une explication rationnelle derrière ces messages, passez votre chemin. Ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est ce qu’on rate avec un parent, et ce qu’il reste à réparer quand il n’est plus là pour répondre.
Pour un one-shot d’été, c’est le genre de livre qui se lit d’une traite sur une plage et qui vous laisse un peu sonné en refermant la dernière page. Si vous cherchez une lecture qui remue sans jamais tomber dans le mélo, celle-là mérite largement les trente euros.
Crédit photo : Grand Angle





