
On croit connaître la Statue de la Liberté par cœur. Elle veille sur le port de New York depuis 1886, elle a servi de décor à mille films, elle est devenue un symbole tellement énorme qu’on finit par oublier qu’un homme l’a dessinée, sculptée et bataillée pendant vingt ans. Cet homme, c’est Auguste Bartholdi, sculpteur alsacien, et le musée d’Orsay lui consacre à partir d’aujourd’hui une grande exposition, jusqu’au 31 janvier.
Le titre pose bien le décor : « Une statue pour la liberté, le rêve de Bartholdi, de Paris à New York ». Une centaine d’œuvres réparties en six sections, avec des sculptures, des affiches, des peintures et surtout des maquettes qui montrent comment la dame verte a pris forme, essai après essai. Parce qu’avant d’être ce colosse de cuivre, elle a d’abord été une idée un peu folle : offrir à l’Amérique, pour le centenaire de son indépendance en 1876, une femme géante brandissant une torche. Le cadeau a pris dix ans de retard, mais il a fini par arriver.
Ce que l’expo raconte bien, c’est le chemin. Lors d’un voyage en Égypte, Bartholdi avait imaginé un phare en forme de femme à l’entrée du canal de Suez. Le projet n’a jamais vu le jour, mais l’image est restée et a traversé l’Atlantique. On croise aussi ses autres commandes, comme le fameux Lion de Belfort, et le trio improbable qui a rendu la statue possible : Bartholdi pour la forme, Gustave Eiffel pour la structure interne, Viollet-le-Duc au commencement du chantier.
Pour prolonger la visite et suivre le chantier de Colmar à New York :
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Orsay ne s’arrête pas aux vitrines. Une expérience en réalité virtuelle est déployée sur près de 700 m², histoire de se mesurer à l’échelle réelle du monument, de sentir les textures et de comprendre comment on assemble une dame pareille. L’ensemble, monté avec le musée Bartholdi de Colmar, se referme sur un vitrail qui représente l’inauguration du 28 octobre 1886.
Pour qui ? Pour à peu près tout le monde, en vrai. On peut y aller pour l’histoire de l’art, pour la prouesse d’ingénierie, ou juste par curiosité de voir naître un cliché mondial. Le sujet est plus riche qu’il n’en a l’air, et la partie VR devrait réconcilier avec les musées les ados qu’on y traîne d’habitude à reculons. Une belle sortie de rentrée.
Crédit photo : Sortiraparis





