Culture

Léa Mysius enferme Magimel et Bellucci dans une nuit qui vire au cauchemar, et Histoires de la nuit sort mercredi

posted by Vincent 15 septembre 2026
Affiche du film Histoires de la nuit de Léa Mysius : une famille apeurée serrée derrière une fenêtre dans la nuit

On connaissait Léa Mysius pour Ava et Les Cinq Diables, deux films où le réel finit toujours par se fissurer. La revoici avec Histoires de la nuit, en salle le 16 septembre, et cette fois elle s’attaque à un gros morceau : les six cents pages du roman de Laurent Mauvignier, ramassées en 1h54.

L’histoire tient dans un décor et une soirée. Nora, Thomas et leur fille vivent dans une ferme perdue du Limousin, avec pour seule voisine Cristina, une peintre italienne solitaire jouée par Monica Bellucci. Tout le monde s’active pour l’anniversaire surprise de Nora. Sauf que trois hommes rôdent autour de la maison, finissent par s’inviter, et rouvrent des secrets que chacun croyait bien enterrés. À partir de là, la fête bascule.

Le film était présenté en compétition à Cannes au printemps, et on comprend vite pourquoi. Mysius ne se contente pas d’un huis clos où des intrus débarquent. Elle étire le temps, installe une sorte de bulle où les heures ne s’écoulent plus normalement, et laisse la tension grimper par petites touches plutôt que par coups d’éclat. La photographie de Paul Guilhaume y est pour beaucoup : ces clairs-obscurs dignes d’un tableau flamand donnent à chaque plan une épaisseur inquiétante. La musique de Florencia Di Concilio fait le reste, dérangeante juste ce qu’il faut.

Histoires de la nuit — Laurent Mauvignier (Minuit)

Le film ramasse un pavé de six cents pages : si l’atmosphère vous happe, le roman de Laurent Mauvignier va encore plus loin.

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Côté acteurs, c’est du lourd. Benoît Magimel campe le manipulateur menaçant avec une aisance glaçante, du genre à vous mettre mal à l’aise rien qu’en souriant. Monica Bellucci, elle, passe de la sévérité à la fragilité au fil de la nuit, et c’est peut-être elle qu’on retient le plus. Hafsia Herzi et Bastien Bouillon tiennent le couple qui se délite. Il y a même une gamine, découverte au naturel désarmant, qui vole quelques scènes aux adultes.

Faut-il courir le voir ? La critique est partagée, et je comprends les réserves. À vouloir tout garder du roman, le film s’alourdit par endroits, et l’atmosphère suffocante finira par lasser ceux qui aiment que ça avance. Mais si vous aimez les thrillers qui prennent leur temps et misent sur l’ambiance plutôt que sur l’action, celui-là a de vrais arguments. Interdit aux moins de douze ans, et ce n’est pas volé. Une nuit blanche, oui, mais pas la plus reposante.

Crédit photo : Le Pacte

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